Nathalie Lambert vise la première place PDF Imprimer Envoyer
Sports - Vancouver 2010
Écrit par Léandre Drolet   
Dimanche, 07 février 2010 16:55
Mise à jour le Dimanche, 07 février 2010 23:01

Nathalie Lambert ne s’en cache pas : à titre de chef de mission du Canada aux Jeux olympiques de Vancouver, elle vit depuis un peu plus de deux ans l’expérience de sa vie. Une sorte de nirvana passé trop vite, selon elle.

« Ma nomination est le plus beau privilège que l’on m’ait accordé. Je suis très choyée d’avoir été choisie par un comité. Cela a représenté un grand honneur. Et puis, comme comble de bonheur, ça se passe chez nous », a déclaré Lambert avant son départ pour Vancouver.

Sans minimiser son titre, l’ex-patineuse de vitesse courte piste ne considère pas que ce fut le plus grand défi qu’elle a eu à relever.

« Le plus grand défi de ma carrière a été de me qualifier pour les Jeux olympiques. J’ai gagné mes médailles en raison de mon travail, alors que le titre de chef de mission t’est accordé à la suite d’une nomination. C’est ce qui est touchant », a-t-elle précisé.

Outre la fierté que personne ne saurait nier, cette nomination a permis à Lambert de replonger dans un passé pas trop lointain.

« J’ai pu revivre les belles émotions que j’ai vécues aux Jeux olympiques », a déclaré celle qui a remporté l’or à Albertville et deux médailles d’argent à Lillehammer.

Discours à l’ONU

Depuis son entrée en poste en décembre 2007, Nathalie Lambert n’a pas fait que ressasser de beaux souvenirs, elle a vécu des événements qui resteront à jamais gravés dans sa mémoire.

Nathalie Lambert (à droite), que l'on aperçoit en compagnie de la patineuse de vitesse Clara Hughes, apprécie chaque moment que lui apporte son rôle de chef de mission de la délégation canadienne. Photo d'archives Reuters

« J’ai vécu une expérience incroyable quand je me suis adressée aux ambassadeurs de l’ONU, à New York, au nom des athlètes lors de la résolution de la trève olympique en octobre », a révélé une Lambert encore émue.

Il faut savoir que, depuis 1992, le comité organisateur présente une résolution de paix votée par les Nations unies. La présentation a été faite par le directeur général du comité organisateur des Jeux de Vancouver, John Furlong.

Leader de 206 athlètes

L’ex-athlète de 46 ans, qui a porté le drapeau du Canada à la cérémonie de clôture des Jeux d’Albertville, n’en est pas à ses premiers pas au Comité olympique canadien (COC).

Après s’être retirée de la compétition en 1997, elle est demeurée active dans différents comités du COC. Son travail fut tellement remarqué qu’elle a été nommée chef de mission adjointe aux Jeux olympiques de 2004 à Athènes.

Le titre de chef de mission n’est pas que symbolique. En plus d’être la leader des 206 athlètes canadiens – le contingent canadien le plus imposant jamais assemblé – et des quelque 300 autres membres de la grande famille du COC, Lambert continuera d’être la porte-parole de l’organisme pendant les Jeux, mais sa principale tâche consistera à faire le lien avec les différents comités olympiques.

Lambert s’est rendue à Vancouver lors de la nomination de Clara Hughes à titre de porte-drapeau canadien, il y a une dizaine de jours, et elle a trouvé que l’atmosphère était déjà à la fête.

« L’ambiance était incroyable. La ville avait revêtu ses couleurs olympiques, et on vivait déjà au rythme des Jeux », a-t-elle dévoilé.

Une dizaine de médailles d’or

La chef de mission sait mieux que quiconque que le Canada n’a jamais remporté de médailles d’or lors des deux Jeux olympiques présentés sur son territoire.

« J’espère que nous allons nous débarrasser de ce poids dès la deuxième journée, a exprimé Lambert. Ça me ferait tellement plaisir de voir Manuel (Osborne-Paradis), Charles (Hamelin) ou encore Jennifer (Heil) gagner sa discipline. »

Ses espoirs pourraient être exaucés car le Canada jouira de trois excellentes chances d’enlever une médaille d’or le samedi 13 février, soit la descente masculine de ski alpin, le 1 500 mètres en patinage de vitesse courte piste et la finale féminine des bosses en ski acrobatique.

Lambert l’a répété, le Canada veut terminer au premier rang du classement des médailles.

« Je prévois que nous allons gagner une dizaine de médailles d’or et je pense qu’avec une trentaine de médailles, on pourra finir en tête », a-t-elle avancé.

À Turin, l’Allemagne avait totalisé 29 médailles (11-12-6) pour terminer au premier rang, alors que le Canada en avait gagné 24 (7-10-7) pour prendre le cinquième rang.

Pour l’aider dans son travail, Lambert a choisi comme adjoints Joé Juneau et Steve Podborski, deux ex-médaillés olympiques comme elle.

Juneau a remporté la médaille d’argent avec l’équipe canadienne de hockey à Albertville avant de jouer pendant 12 saisons dans la LNH. L’ex-joueur du Canadien a consacré ses dernières années à titre de travailleur social au Nunavik, dans le Nord québécois, où il prône les vertus des études et de l’activité physique aux jeunes autochtones.

Pour ce qui est de Podborski, il a remporté la médaille de bronze dans la descente de ski alpin aux Jeux de Lake Placid en 1980. L’Ontarien a fait partie des fameux Crazy Canucks que personnifiaient les skieurs canadiens sans peur à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques, Lambert ne peut concevoir que la fin de son mandat approche. « Ce furent deux belles années, deux années qui ont passé trop vite », a-t-elle admise.

Espérons maintenant pour elle que les deux semaines des Jeux olympiques seront aussi enivrantes.

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