| Undercover Boss : quand le boss se salit les mains |
|
|
|
| Spectacles - Télévision | |||||||
| Écrit par Patrick Gauthier | |||||||
| Jeudi, 04 février 2010 08:52 | |||||||
| Mise à jour le Jeudi, 04 février 2010 15:57 | |||||||
|
Depuis son arrivée dans le paysage télévisuel, la téléréalité n’impressionne guère par sa pertinence sociologique, quoi qu’en disent ses admirateurs, qui y voient le reflet de notre société.
En effet, à part quelques exceptions – la plus probante étant Pignon sur rue, première téléréalité diffusée au Québec –, la prémisse des téléréalités consiste à : a) frencher un inconnu (Loft Story, Occupation double); b) fourrer un inconnu (Survivor); c) aider un inconnu (Les Anges de la rénovation); d) battre, insulter ou assommer un inconnu (Biggest loser, Hell’s Kitchen, The Contender); e) fournir du contenu culturel (sic) à un empire médiatique en transformant un inconnu en vedette (Star Académie). Transcender le freak-show Mais voilà que dès le dimanche 7 février, la téléréalité pourrait enfin transcender le freak-show et devenir utile en fournissant un regard plus que pertinent sur le monde du travail. Plus précisément sur les relations, souvent tendues est-il utile de le rappeler ici, entre patrons et employés.
La série s’intitule Undercover Boss et le titre dit tout : chaque semaine, nous accompagnerons un patron qui, de façon tout à fait anonyme, se mêlera à ses employés pour constater, in situ, la réalité de ceux-ci. Pour comprendre le travail, le vrai, celui qui permet au patron en question de faire de l’argent. Pour comprendre aussi l’impact des décisions du même patron sur l’organisation du travail et le moral de ses employés. Parmi les chefs de direction qui ont accepté de jouer le jeu, on retrouve le patron de la chaîne de dépanneurs 7-Eleven, Joseph M. DePinto, celui de la chaîne de restauration rapide White Castle Dave Rife, et celui de la chaîne de restaurants Hooters (où on attire la clientèle par les attributs des serveuses et non par la qualité du menu), Coby G. Brooks. Une expérience fascinante, malgré des défauts Le premier épisode met en vedette, si on peut dire, Larry O’Donnell, président et chef de la direction de Waste Management, compagnie spécialisée dans la collecte de déchets, le recyclage et les toilettes de chantier. Un boss qui se salit les mains, ça promet! Le regard étonné que M. O’Donnell lance à une employée, affectée à la collecte des ordures, qui lui apprend qu’elle doit uriner dans une boîte en fer blanc, vaut à lui seul le détour. Pour l’anecdote, ce patron s’avère incapable de faire la job correctement et se fait mettre à la porte! Faut croire que fouiller dans les vidanges pour en extraire ce qui est recyclable n’est pas à la portée de tous... Bien sûr, le traitement est inutilement dramatique, ça semble souvent arrangé avec le gars des vues et les épisodes suintent les bons sentiment. Ces infiltrations se veulent également le prétexte à une finale hollywoodienne, dans la pure tradition des tear jerkers – en bref, le patron est tellement ému et impressionné par ses employés qu’il leur offre un cadeau pour souligner son appréciation. Mais malgré ses nombreux défauts, l’expérience d’Undercover Boss – série britannique – s’avère souvent fascinante. Regret et souhait Un regret et un souhait, en terminant. Le regret d’abord : les responsables de la grille horaire, chez CBS, ne partagent manifestement pas notre enthousiasme à propos de Undercover Boss puisqu’ils ont placé la première de la série APRÈS le Super Bowl, dimanche. Vers 22 h 30, donc, heure à laquelle les Américains rotent leur bière et leur guacamole en titubant vers leur lit... On la retrouvera à 21 h 00 dès le 14 février. On ignore pour l’instant si CTV ou Global reprendra la série au Canada. Le souhait, maintenant : puisque l’anonymat est une condition sine qua non pour que cette série soit possible, que notre empereur adoré, Pierre Karl Péladeau, passe de vedette (non, mais, c’est qu’on le voit partout...) à inconnu, pour qu’il puisse un jour y participer. À moins qu’il ne préfère monter dans le ring et apparaître dans The Contender. J’en connais plusieurs qui aimeraient ça...
Partager
Envoyer par courriel
Commentaires (2)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Ecrivez un commentaire |
Aussi sur Rue Frontenac - Spectacles
- Francouvertes – Bernard Adamus dans une classe à part
- Pavement et The Jon Spencer Blues Explosion au Festival Osheaga
- Le supplice de l'audition en capsules webtélé
- Stéphane Lafleur tourne En terrains connus
- Les Black Eyed Peas à Montréal : confirmé
- Trois : le premier trio pop-lyrique de la francophonie
- Charlebois et Rush au Panthéon
- Martin Tétreault – Le goût du risque
- Décès de Jean Ferrat
- Huis clos – Moment d’enfer au TNM
- Tricot Machine - Moins naïf, plus introspectif
- BBM : Paul Arcand conserve son trône
- Les mots gelés — Le tabou de la dépression
- Simon & Garfunkel, Charlotte, Sting, Higelin, Patrick Watson — Avalanche de shows sur Montréal
- Josiane Balasko dans Le hérisson — «Un personnage très agréable à jouer»
- La Série Montréal-Québec, un flop ?
- D’un œil différent à l’Écomusée du Fier-Monde
- Muse – Un équilibre parfait entre la musique et le visuel
- Mercredi blues avec John Campbelljohn
- Les Rois de la patate — Une série sur l'histoire des casse-croûte au Québec





























