| Au Champ de Mars — Une formidable réflexion sur la guerre |
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| Spectacles - Théâtre | ||
| Écrit par Philippe Meilleur | ||
| Jeudi, 28 janvier 2010 18:14 | ||
| Mise à jour le Jeudi, 28 janvier 2010 21:44 | ||
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En abordant de front le très actuel problème du choc post-traumatique chez les soldats canadiens, la pièce Au Champ de Mars présentée au théâtre La Licorne permet une formidable réflexion sur la guerre et ses impacts sur la société.
L’intrigue de la pièce est prometteuse: Éric (Mathieu Quesnel), soldat dans la mi-vingtaine tout juste revenu de Kandahar, en Afghanistan, s’enfonce seul chez lui dans un délire post-traumatique. Pour soigner ce mal de l’âme qui l’empêche de vivre, il entreprend une thérapie avec Rachel (Josée Deschênes), une psychiatre fatiguée elle-même aux prises avec une quête personnelle inachevée. La psy aura l’idée de présenter Éric à Marco (David Savard), un réalisateur de films d’action qui cherche de l’inspiration pour un projet de long métrage sur la guerre. De cette mise en situation très simple naîtra une riche réflexion sur les thèmes de la guerre et du mal de l’âme. Les conflits armés comme celui qui perdure en Afghanistan ont un impact dans toutes les communautés du globe, selon ce qu’a voulu montrer l’auteur Pierre-Michel Tremblay (Quelques Humains, Come Unplugged). Ce n’est pas parce que les bombes ne pleuvent pas sur Montréal que leurs dommages collatéraux épargnent le Québec; et ce n’est pas nécessairement en militant pour la paix à tout prix qu’un peuple comme le nôtre pourra se soustraire à ce constat. Sans temps morts Déclinés sur le ton d’une comédie satirique, voire dramatique, les textes sont punchés et sans temps morts. Le spectateur rira à quelques occasions, mais d’un rire jaune, du genre qui provoque le questionnement. Éric a-t-il été abandonné par l’armée? Que peut-il faire pour se débarrasser de ces hallucinations qui lui pourrissent la vie? Que peut la société face à la détresse de ses anciens combattants? Voilà autant de débats qui sont alimentés par les répliques savoureuses des acteurs. La mise en scène de Michel Monty (Trois dans le dos, deux dans la tête, Antarktikos) est sobre et efficace. Les délires du personnage principal sont bien amenés et les rares moments de silence sont judicieusement utilisés. Le jeu de Mathieu Quesnel est sans reproche. Son Éric est crédible et parvient à attirer la sympathie sans être une caricature. Justin Laramée, qui interprète un militant pacifiste près de Rachel, est très drôle. Pratiquement aucun reproche non plus à faire à Josée Deschênes, sinon que certaines répliques sonnaient un peu artificielles lors de notre passage à La Licorne mercredi. Au champ de Mars a au final la grande, très grande qualité d’être à la fois hyper-accessible et réfléchie. La pièce dénonce autant qu’elle provoque le débat, et cela sans sombrer ni dans la morale gnangnan, ni dans les thèses opaques qui n’en finissent plus. Le spectateur, même novice, est amené dans le vif du sujet dès les premiers instants et il n’aura aucun mal à suivre le fil conducteur jusqu’au dénouement. Il s’agit d’une œuvre que l’on recommande sans hésiter.
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Commentaires (1)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Ouais ...
Je rentre dans le vif du sujet. La pièce : comme-ci, comme ça. Beaucoup d'idées intéressantes et de scènes percutantes. Éric qui ne vit plus que dans l'ombre d'une hallucination d'un sergent tiré d'un Full Metal Jacket, la satire du Tim Hortons à Kandahar, ... Les personnages sont très divers et riches, le texte est bien écrit, le décor est très efficace ! Cependant, Mathieu Quesnel rend le personnage plus énervant qu'attachant. À vrai dire, plusieurs de ces scènes se résume à crier comme un enragé son texte avec un air de débile léger. Je dois admettre, toutefois, que la dernière scène (Tes réveillé, Drolet) et le monologue d'Éric était particulièrement poignant, voire mémorable. Réussi de ce côté-là. Rire jaune, dit la critique? Il y avait plutôt du rire de bon coeur de mon côté. Beaucoup. Et honnêtement, malgré la performance juste des autres personnages, certains moments (les pleurs de Rachel, notamment) étaient si peu convaincants, c'était caricatural. En bref, des bons éléments, mais, ultimement, peu de chose me soit venu en tête en sortant du théâtre autre que "Je cherche un Tim Hortons" et "La guerre, c'est mal."
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