Francis d'Octobre à la hauteur de sa réputation PDF Imprimer Envoyer
Détente - Poste d'écoute
Écrit par Philippe Meilleur   
Vendredi, 29 janvier 2010 21:10
Mise à jour le Samedi, 30 janvier 2010 10:15

Repartez la machine à buzz, amis mélomanes : Ma bête fragile, premier disque de l'auteur-compositeur-interprète Francis d'Octobre, est à la hauteur de l'excellente réputation qui le précédait.

Comme l'expliquait le collègue Philippe Renault récemment, Francis d'Octobre n'est pas exactement un nouveau venu sur la scène musicale québécoise. Le jeune homme a notamment été musicien accompagnateur pour Alfa Rococo et Catherine Major, en plus de réaliser l'an dernier le premier disque de Brigitte St-Aubin.

Ces efforts préalables transpirent tout au long de Ma bête fragile, qui offre un panorama étonnant des univers de l'artiste.

Prenons le morceau d'ouverture, L'homme à la mer. Après un début tout en douceur, aquatique même, la pièce emprunte des détours nostalgiques avant de déboucher sur une finale éclatante à mi-chemin entre le pop-rock et les arrangements symphoniques. Cette formule atypique est habituellement casse-gueule, mais ici, elle fonctionne à merveille. La mélodie est accrocheuse et, très important, n'est pas engluée dans la marmelade sucrée à laquelle succombent trop de jeunes compositeurs. Une chanson à la fois riche et accessible, donc, tout à fait à l'image des neuf autres titres du compact.

Francis d'Octobre - Ma bête fragile

Parmi les autres bons coups, on note Petite Prière de chevet (une ballade au piano solitaire et introspective) et Notre légèreté, une entraînante composition bâtie autour d'une mélodie jouée à la flûte.

Manque de punch

Pour ceux qui n'ont pas encore entendu Ma bête fragile, on peut faire quelques comparaisons avec Alexandre Désilets (pour les quelques pointes d'électro-planant, comme sur La pieuvre et le tigre), Alexandre Belliard (pour le chant) et Guillaume Arsenault (un tout petit peu, pour les expérimentations et les arrangements hors normes). Mais il ne faut pas se méprendre : Francis d'Octobre a déjà une signature propre et originale. Une éventuelle accusation de manque de personnalité devra donc être balayée du revers de la main.

Certaines oreilles plus douillettes pourraient toutefois reprocher à ces dix chansons de manquer de refrains fédérateurs, et on devra leur donner raison. La ligne directrice supposée unir les pièces à travers l'album est quant à elle enfouie trop profondément - un peu de ménage en pré-prod n'aurait pas nui. Les guitares, enfin, manquent de punch et auraient gagné à sonner un peu plus rock. Paraît-il que c'est le cas sur scène, alors on laissera la chance au coureur.

Ma bête fragile est néanmoins un très bon disque qui, s'il ne donne pas assez de frissons, comblera l'appétit de la plupart des amateurs. À découvrir.

Francis d'Octobre - Ma bête fragile (Tacca)




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