Cœur de pirate — Petite toux pour une grande rentrée PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Musique
Écrit par Philippe Meilleur   
Jeudi, 04 février 2010 15:13
Mise à jour le Jeudi, 04 février 2010 15:54

Quelques jours avant sa rentrée montréalaise sur les planches du National, Cœur de pirate est inquiète : elle combat depuis peu de furieuses quintes de toux qui égratignent ses cordes vocales comme du papier sablé. Avant de s’enfermer dans un silence réparateur, loin des micros et des journalistes, la chanteuse a revisité avec nous les derniers mois de sa jeune mais fulgurante carrière.

« Excuse-moi une seconde. » Béatrice Martin s’éloigne du combiné et se râcle furieusement la gorge. « Merde. C’est un rhume ou quelque chose comme ça. J’espère que ce sera terminé avant vendredi ! »

Il serait bien ironique, en effet, que Cœur de pirate, révélation de l’année au dernier gala de l’ADISQ et finaliste pour deux Victoires de la musique (révélation de l’année et chanson de l’année pour Comme des enfants) en France, doive hisser le pavillon blanc devant un simple microbe.

Mais plutôt que de songer à un éventuel sabordage des deux spectacles prévus vendredi et samedi au National, à Montréal, la chanteuse se concentre sur le positif. Et il y en a eu beaucoup sur son petit navire depuis la sortie d’un premier disque, Cœur de pirate, en 2008.

« Je mentirais si je disais que je n’ai pas eu un choc quand ça a décollé, dit-elle en parlant de son début de carrière fracassant. C’est spécial de savoir que mes problèmes sont devenus ceux des autres, de grandir en tant que personne grâce à la musique, de prendre l’avion trois fois en un mois pour aller en Europe. Il a fallu que je surmonte le syndrome de l’imposteur que j’avais au tout début et que je reconnaisse que ce n’était pas que de la luck, ce qui m’arrivait. »

Coeur de pirate se sent de plus en plus à l'aise dans son métier. Photo d'archives Chantal Poirier

Tout un cheminement pour celle qui, il y a dix-huit mois à peine, était terrifiée à la simple idée de livrer ses chansons sur l’une des minuscules scènes du festival Osheaga, au beau milieu de l’après-midi.

La chanteuse rigole (sans tousser cette fois !) quand on lui rappelle ce souvenir. « C’est drôle parce que maintenant, je ne me verrais pas ailleurs que sur une scène, dit-elle. Ceux qui m’ont vu dernièrement comprennent que j’ai fait du progrès depuis ce show-là. » Des exemples ? « Tout est mieux. Les intros, les ponts, les présentations des chansons… Je suis encore très loin de la perfection, je sais que j’ai encore tout un métier à apprendre. Mais je n’ai plus peur des gens et je commence à faire tomber les barrières qui me retenaient avant. »

Un deuxième disque à l’horizon

Après ses deux concerts au National, Béatrice mettra le cap sur Vancouver, où elle se produira dans le cadre des Jeux olympiques. Elle fera ensuite un saut au Petit Champlain de Québec pour deux représentations à guichets fermés. Puis, la chanteuse continuera de travailler sur les maquettes de ce qui deviendra son deuxième album. « J’en ai déjà quelques-unes en banque », se réjouit-elle. Il faudra toutefois patienter au moins jusqu’à la fin de l’année, sinon jusqu’au début 2011, avant de voir l’œuvre apparaître sur les tablettes. « Je veux prendre mon temps », confie la chanteuse en étouffant un dernier toussottement.

Après un début de carrière aussi flamboyant, on la comprend.

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