| Dans l'intimité d'Andrée Watters |
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| Spectacles - Musique | |||||
| Écrit par Philippe Rezzonico | |||||
| Mardi, 29 septembre 2009 23:29 | |||||
| Mise à jour le Mardi, 29 septembre 2009 23:44 | |||||
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Une belle salle intimiste, une bonne et belle voix et deux ou trois guitares : avant même qu’Andrée Watters amorce son spectacle mardi soir, au Lion d’Or, on se doutait que la soirée allait être partagée entre chansons et confidences.
D’autant plus vrai que la jolie brune avait intitulé cette tournée acoustique Tout de moi, l’un des extraits de son plus récent disque, Minuit. Si les quatre belles horloges circulaires suspendues avec leurs aiguilles bloquées à « 12 » évoquaient le titre de l’album paru en 2008, Watters avait plutôt l’intention de survoler son passé par le biais d’anecdotes qui la ramenaient parfois bien avant ses débuts officiels sur scène. Un show intimiste est un couteau à deux tranchants. En offrant un spectacle avec les guitaristes Danny Ranallo et Kevin Girouard dénudé de section rythmique (pas de basse ni de batterie), Watters prenait le risque d’amenuiser l’impact de quelques-uns des titres les plus percutants de son répertoire. Le pari s’est néanmoins avéré payant. Bien sûr, Minuit (en ouverture) et Si Exceptionnel (livrée au rappel) ont été moins pétaradantes qu’avec un groupe complet branché avec des guitares électriques, mais globalement, les chansons d’Andrée Watters ont bénéficié de l’enrobage. Avouons-le, on n’est pas très friand de la production de studio et de certains arrangements qui entourent les albums de la jeune femme. Dépouillées, toutes les chansons mettaient à l’avant-plan les qualités mélodiques des titres et la voix de l’artiste. Et là, Watters touchait la cible sans coup férir.
Le tour du monde fut impeccable, les vieux titres comme Dépendre de toi n’avaient pas perdu de leur impact. Même les compositions du disque A travers – de loin le plus faible de ses trois disques – passaient mieux la rampe ainsi présentées. Bien plus à l’aise sur scène que naguère, Watters a appris à bien doser ses interventions. Elle a su nous faire rire en rappelant comment son nom de famille a été massacré dans le passé (Water, Weather), entre autres sur une banderole de festival ; on a su qu’elle chantait Hit Me With Your Best Shot (solide livraison) en karaoké étant petite, qu’elle s’était présentée à France D’Amour et Laurence Jalbert – de qui elle a repris Vivante et Corridor – en leur disant qu’elle les adorait lorsqu’elle était jeune (la gaffe !) et qu’elle a composé J’ai de l’amour pour toi (magnifique interprétation) la veille du décès de son petit frère. Seul impair, le classique de Cat Stevens The First Cut Is The Deepest n’a pas été popularisé par Sheryl Crow, mais bien par Rod Stewart, qu’il a enregistré quelque 30 ans avant Sheryl et qui l’offre sur scène depuis quatre décennies. Déformation de génération, ici. Plus mature sur le plan vocal, Watters n’a néanmoins rien perdu de sa fraîcheur. C’était épatant de la voir s’approprier Vivante, Time After Time et le pot-pourri de chansons de Michael Jackson (Beat It, Billie Jean, Black Or White) comme si elles étaient siennes. Complémentarité parfaite des harmonies avec ses collègues guitaristes, phrasé impeccable, livraison sans faille. En fait, la seule interrogation qui demeure, c’est de savoir si cette tournée n’est pas annonciatrice de ce qui s’en vient pour la chanteuse. On dit ça parce que, mine de rien, son programme comprenait 12 originales et 9 reprises – francophones ou anglophones −, ce qui est beaucoup pour une artiste qui a déjà trois disques sous la ceinture. La blonde de Sylvain Cossette va-t-elle imiter son chum et nous offrir un disque de reprises en anglais ? De la façon remarquable dont elle chante dans la langue de Shakespeare, on ne serait pas surpris du tout.
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