| Corno réalise son rêve en exposant à Dubaï |
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| Spectacles - Exposition | |||||
| Écrit par Agnès Gaudet | |||||
| Mercredi, 22 avril 2009 16:22 | |||||
| Mise à jour le Jeudi, 23 avril 2009 12:59 | |||||
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Exposée en permanence dans dix grandes villes du monde, Corno affiche maintenant ses tableaux au marché arabe à Dubaï : « Fais-en des tableaux, Corno ! », lance à la blague la peintre native de Chicoutimi, de son atelier new-yorkais.
Singapour, Hong Kong et Séoul. Ne manquait plus que le marché arabe pour compléter le… tableau. «C’est complètement extraordinaire! s’exclame la peintre au bout du fil. Je suis vraiment contente. Quand tu es un artiste, ce que tu veux, c’est que ton art soit diffusé le plus possible, no matter what. New York est déjà une plaque tournante. Exposer à Dubaï, c’est comme être assis sur ton rêve. Quand j’étais jeune, je me voyais comme ça, mais je ne savais pas si j’y arriverais.» La célèbre artiste peintre sera du vernissage à Dubaï, lors de l’exposition qui s’étalera du 30 avril au 15 mai. Corno en profitera pour découvrir ce nouvel endroit, décompresser, sortir du cadre où elle s’enferme des heures durant pour réaliser ses tableaux. C’est la portion relaxe de son métier. Une vie pas si glamour Corno est de ces rares peintres assez célèbres pour bien vivre de son art. Ses corps et ses visages sensuels, mis en mouvement par d’impulsifs traits de pinceaux, sont reconnaissables parmi tous. Nombreux sont les acheteurs, et posséder un Corno est certainement une marque de prestige. En fait, malgré la reconnaissance, la peintre s’astreint à une discipline régulière pour arriver à ses fins. «Les gens pensent que ma vie est très glamour, mais pas vraiment, dit-elle. Quand je me lève le matin, je mets mes jeans, mes espadrilles et je me rends au studio. J’ai l’air de la chienne à Jacques. Il y a une couple de vernissages entre ça, mais c’est tout.» On imagine aussi que Corno roule sur l’or. Évidemment que le côté financier devient intéressant quand on a un nom. «Mais, rappelle Corno, tout est relatif. Ça coûte 10 000$ par mois pour avoir un appartement à New York. C’est vraiment une autre game.» Trente ans de travail Jaser avec Corno, c’est jaser avec une copine. Malgré la célébrité, Johanne – son vrai prénom – ne démontre pas le moindre soupçon de prétention. Quand on lui demande comment on se sent avec le succès, elle répond qu’elle ne pense pas à ça et qu’elle fait ce qu’elle a à faire.
«J’ai toujours vécu de ma peinture, ajoute-t-elle, et ça a grimpé de plus en plus. Je suis de plus en plus connue. Là, ça marche, mes affaires. Mais moi, je ne change pas.» La demande est très forte pour les tableaux de Corno. Pour fournir, elle n’a pas de temps à perdre. Mais encore faut-il qu’elle trouve l’énergie pour le faire. Ses tableaux sont souvent immenses. Le travail est colossal. Ceux exposés à Dubaï mesurent dix ou douze pieds. Ça ne se peint pas tout seul. Mais il est difficile de coller un nombre d’heures sur le produit fini. «Des fois, ça va vite, explique Corno. Des fois, je ne suis pas là. Mais d’une certaine façon, c’est toujours long, puisque ça m’a pris trente ans pour en arriver là.» Les toiles de Corno changent peu avec le temps. Pour le néophyte, elles sont tout simplement superbes. Elle estime qu’elle va «toujours un peu plus loin, sans faire de changements dramatique». Corno évolue tout le temps. Il y toujours dans son œuvre, dit-elle, «une coche de plus». Ce métier, elle l’exerce à chaque heure, à chaque minute de sa vie, à la recherche d’une ligne, d’une forme, d’une couleur. C’est ce qu’on appelle une passion. C’est aussi ce que Corno appelle un karma. «Je suis déjà sur autre chose. Je travaille tout le temps. Ce n’est pas toujours facile, avoue-t-elle. On ne peut pas arrêter l’horloge. C’est ça, le karma d’un artiste.» Au rythme d’enfer où on lui demande des œuvres, Corno pourrait facilement se brûler. Elle ne peut pas suffire à ce rythme effréné. Tout va trop vite. Mais elle a appris à se respecter. «J’ai trouvé mon rythme, dit-elle. C’est très important de comprendre ton rythme à toi. Il y a trente ans que je vis de mon art. Je sais when to stop. J’ai cette compréhension-là. Ici (à New York), ça roulait déjà beaucoup et j’ai appris à me connaître.» «On ne peut pas comparer le niveau international avec le marché du Québec, ajoute-t-elle. Mais le travail reste le même. En tant qu’artiste, le processus créatif est le même. On établit une routine.» Corno ne sait pas trop à quoi s’attendre à Dubaï. Elle va rencontrer des collectionneurs, des gens importants. Son mentor, depuis une dizaine d’années, Gilles Dyan, fondateur des galeries Opéra, la guidera sans doute. La peintre ne part pas seule. Elle a en tête tous ses admirateurs. Pour faire partager son expérience à ses inconditionnels, elle compte filmer l’événement en direct (ou presque, selon le fuseau horaire) et commenter sur un blogue. Les tableaux de la Québécoise sont déjà rendus, avant elle, aux Émirats arabes unis. Quelques commentaires sont déjà parvenus jusqu’à Corno. Quelle est sa réaction? «So far so good», répond l’artiste.
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