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Bloodshot Bill voulait chanter en français PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Philippe Rezzonico sur le trottoir
Lundi, 15 juin 2009 16:34
Ainsi, Bloodshot Bill, tout comme le groupe Lake of Stew, ne sera pas à l'affiche du spectacle de L'Autre St-Jean, le 23 juin, dans le quartier Rosemont, en raison des pressions exercées par le commanditaire de l'événement, l'Association culturelle Louis-Hébert.
 
 

Le Québec étant le Québec, on pourra discuter jusqu'aux calendes grecques sans faire l'unanimité sur la question, à savoir, a-t-on le droit de chanter en anglais lors de la Fête nationale, même s'il ne s'agit que d'une poignée de chansons dans un show de quartier, aux alentours de 18h32, bien avant les têtes d'affiche que sont Malajube, Vincent Vallières et Les Dales Hawerchuk?

Des arguments des deux côtés

Il y a de solides arguments des deux côtés. Celui du vice-président de l'Association culturelle Louis-Hébert, Mathieu Bouthiller, a beau être sectaire – pas de chanson en anglais à la Fête nationale –, il vaut celui de ceux qui estiment qu'on n'a pas à empêcher un Québécois à chanter à la Fête nationale, le fasse-t-il en anglais.

Là où les apôtres de l'ouverture ont un gros avantage sur les nationalistes frileux, c'est quand on apprend que Bloodshot Bill voulait chanter en français. Il l'a dit au journal The Gazette, mais peu de gens ont relevé la phrase dans le texte paru lundi matin dans le quotidien anglophone.

 
Bloodshot Bill, de son vrai nom Derek Donor.

Bloodshot Bill, de son vrai nom Derek Donor, n'avait pas l'intention de faire un set en français. Juste une chanson. Mais ceux qui connaissent le monsieur issu des cercles de musique country alternatifs et des habitués des Rockabilly Jam savent à quel point son répertoire est d'emblée le terroir d'une autre langue, mais aussi d'une culture nord-américaine. Bref, venant de sa part, chanter en français est un geste d'inclusion à la fête francophone.

Nombreux appuis

Ayant grandi à Montréal, Bloodshot Bill a le malheur de chanter dans la mauvaise langue aux yeux des organisateurs de L'Autre St-Jean, mais il n'a pas l'intention d'en faire un plat, même s'il admet être déçu de la tournure des événements. Au final, il précise qu'il a reçu des tas de courriels de soutien d'artistes francophones, plusieurs s'affichant ouvertement comme souverainistes.

«Écoute, c'est supposé être un party, a-t-il révélé lorsque je l'ai joint chez lui. Ils ne veulent plus que j'aille jouer pour eux, je ne vais pas y aller. C'est tout. Je n'ai pas l'intention de forcer la main de quiconque. C'est dommage. Je voulais chanter une chanson en français. Je voulais jouer Le Rock n' Roll dans l'lit, une chanson de Léo Benoît qui remonte aux années 1950.»

Histoire de prouver que ce n'est pas de la frime, Bloodshot Bill fait entendre illico la composition originale au bout du fil au représentant de RueFrontenac.com. On vous confirme qu'il s'agit bien de la chanson de Léo Benoît.

Donc, une interrogation demeure. Parmi les ultranationalistes qui sont montés aux barricades en raison de la présence de Bloodshot Bill et de Lake of Stew à L'Autre Saint-Jean, combien d'entre eux possèdent chez eux un disque ou une seule chanson de ce pionnier du rock québécois?

•  Guy A. Lepage n'endosse pas la décision des organisateurs

 

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