| Polytechnique, 6 décembre 1989 – Le Québec se souvient |
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| Nouvelles générales - Société | |||||
| Écrit par Louis Mathieu Gagné | |||||
| Samedi, 05 décembre 2009 18:30 | |||||
| Mise à jour le Dimanche, 06 décembre 2009 14:00 | |||||
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Elles avaient pour noms Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie Saint-Arneault et Annie Turcotte.
Quatorze jeunes femmes à qui l’avenir appartenait, mais dont la vie a pris fin brutalement le 6 décembre 1989 lorsqu’un jeune homme du nom de Marc Lépine, armé d’une carabine et d’un couteau, est entré à l’École polytechnique de Montréal pour les abattre de sang-froid. Vingt ans plus tard, le Québec se souvient de ce drame qui a changé à jamais son histoire. Des souvenirs pénibles, mais nécessaires, comme en témoigne Sylvie Haviernick, la sœur aînée de Maud, l’une des victimes de la tuerie. « C’est toujours douloureux. Mais c’est nécessaire de ne pas oublier. C’est important que ça passe à l’histoire dans la collectivité. Les gens ont intégré cet événement dans leur vie. Et cette année, ils ne semblent plus gênés d’en parler. Tout le monde en parle. C’est très sain. C’est salutaire. Le silence, c’est mortel », affirme Mme Haviernick à RueFrontenac.com.
Femmes et féministes Maud Haviernick avait 29 ans. Artiste dans l’âme et déterminée, elle avait d’abord étudié en design de l’environnement à l’UQAM avant d’opter pour une formation en génie des matériaux Polytechnique, un domaine longtemps resté la chasse gardée des hommes. « Maud était heureuse et elle se sentait à sa place. J’ai toujours dit que son rêve l’avait tuée. Mais il ne faut pas avoir de regret par rapport à ça. C’est mieux d’avoir vécu une vie comme on l’entendait que d’avoir l’impression d’avoir passé à côté de quelque chose », dit Sylvie Haviernick. Celle-ci se souvient d’avoir vécu péniblement les années suivant la mort tragique de sa sœur. « On n’est jamais aussi seule que quand un événement comme ça survient. C’est tellement violent qu’on essaie de survivre. Pour demeurer en vie, on doit s’occuper de soi-même. On ne peut pas aider les membres de sa famille, explique-t-elle. Ça a pris des années avant qu’on puisse en reparler dans notre famille. » Marc Lépine en voulait aux femmes, aux féministes, a-t-il indiqué dans une lettre d’adieu. « Quatorze femmes ont été tuées parce qu’elles voulaient entrer dans un bastion masculin, rappelle Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Ce geste était lié à l’avancement des femmes dans une société censée être égalitaire. » Devoir de souvenir Le Québec a un devoir de souvenir, selon le Conseil du statut de la femme. « Nous avons le devoir de nous rappeler ces tragiques événements au nom des victimes assassinées du seul fait qu’elles étaient des femmes. Vingt ans après, nos pensées sont encore et toujours avec les familles de ces étudiantes pleines d’espoirs », a affirmé plus tôt cette semaine la présidente du CSF, Christiane Pelchat « Se souvenir de ce drame aide à le comprendre et ainsi à se forger un meilleur avenir », ajoute Alexa Conradi. Pour Sylvie Haviernick, le 6 décembre 1989 constitue une cassure dans l’histoire du Québec. Un moment de prise de conscience collective qui, avec du recul, à fait avancer la société québécoise. « Il y a eu une réflexion, autant chez les femmes que chez les hommes. Cet événement a fait mûrir la société. Quand on nomme un problème, il est en partie résolu », dit celle qui a milité activement dans la Fondation du 6 décembre, créée à la mémoire des victimes. Des acquis et des revers Des acquis importants ont été faits à la suite de ce drame : aide financière aux victimes indirectes d’un acte criminel, contrôle des armes à feu, méthodes d’intervention en prévision d’autres drames du genre. La sécurité et la vigilance se sont accrues. Idem pour l’éducation et la prévention. Ce n’est pas un hasard si les dernières données de Statistique Canada en matière de violence conjugale montrent que le taux de cas de violence conjugale au Québec est supérieur à la moyenne canadienne. Ce n’est pas qu’il y en a plus dans la province, c’est qu’elle est plus dénoncée. Et ça, c’est positif. Mais si le problème demeure, dit Alexa Conradi, « on parle de ce problème beaucoup plus ici qu’ailleurs au Canada », dit-elle, rassurée. « On s’est développé un très grand réseau d’aide et d’interventions. Il y a eu beaucoup de travail d’éducation et de sensibilisation. » Mais des revers sont aussi survenus. Comme le vote aux Communes, récemment, pour abolir de registre des armes à feu. « On (les familles des victimes) a ressenti beaucoup de tristesse et de colère. C’est un projet intéressant qui a éduqué et sensibilisé les gens. Ce n’est pas la panacée, mais ça a changé des choses pour le mieux, notamment le travail de policiers. Mais on est confronté à un lobby puissant », déplore Sylvie Haviernick. Mais le travail se poursuit. C’est d’ailleurs pour cette raison que le devoir de mémoire ne doit pas être qu’envers les 14 femmes assassinées. Il se doit aussi souligner le courage de la dizaine de victimes directes de Marc Lépine ainsi que celles indirectes, à savoir les frères, sœurs, parents, amis, collègues de classe et connaissances. « Quand on est mort, on est mort. Mais quand on ne l’est pas, il faut continuer à vivre. Il est important, vingt ans plus tard, d’admirer les survivants, dont certains sont encore engagés dans la cause. Et ça, c’est important », dit Mme Haviernick.
Diverses activités sont prévues dimanche pour commémorer le drame de Polytechnique. En voici la liste. Rassemblement : La Fédération des femmes du Québec organise une chaîne humaine à la place Émilie-Gamelin. Des cordes à linge seront installées, auxquelles seront suspendus des centaines de rubans blancs où seront inscrits des exemples de gestes à poser au quotidien pour faire cesser la violence faite aux femmes. Une cérémonie privée et laïque, sur invitation seulement, se déroulera à la basilique Notre-Dame le 6 décembre pour les familles des victimes, les personnes blessées lors de l’événement et la communauté de l’École polytechnique. Le grand public est invité à aller se recueillir devant la façade ouest du pavillon principal de l’École polytechnique, où on fleurira la plaque commémorant la mort dles 14 victimes de la tuerie. Le Centre d’exposition de l’Université de Montréal présente l’exposition Vingt ans d’actions, qui fait état des diverses initiatives prises pour la promotion de l’accès des femmes aux secteurs non traditionnels et pour mieux comprendre le phénomène de la violence. La Galerie de l’UQAM présente l’exposition Guerrilla Girls. Troubler le repos / Disturbing the Peace, une œuvre sur le thème de la violence fait aux femmes et la misogynie dans la société, conçue dans le cadre des commémorations du drame de l’École polytechnique.
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Commentaires (2)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Merci!
Bonjour Mr Gagné,
Bien aimé votre article, un des plus complets en la matière. Merci encore de votre gentillesse et de votre professionnalisme. Bon courage à rue Frontenac, Sylvie Haviernick il faut se souvenir....
il faut se souvenir de ces femmes qui ont été tuées par un homme qui ne réussissait pas bien et au lieu de chercher dans sa vie pourquoi cela ne marchait, il a préféré tuer des femmes intelligentes. il y en a encore des hommes qui ne sont pas capable de faire quelque chose et qui accusent tout le monde au lieu de changer de façon de vivre,,,pour eux-il est plus facile d'accuser les autres, surtout les femmes, que de faire des efforts pour s,améliorer ----et au moindre prétexte ils se vengent sur les femmes,,,
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