| Septuagénaire condamné pour avoir transmis l'herpès à son ex-conjointe |
|
|
|
| Nouvelles générales - Santé | ||
| Écrit par Gabrielle Duchaine | ||
| Vendredi, 18 septembre 2009 10:27 | ||
| Mise à jour le Vendredi, 18 septembre 2009 10:54 | ||
|
Un septuagénaire porteur de l’herpès génital devra verser plus de 11 000 $ à son ex-conjointe pour lui avoir transmis le virus à son insu. L’homme a caché sa maladie à son amoureuse pendant des mois même s’ils avaient des relations sexuelles non protégées plusieurs fois par semaine.
Depuis, la dame que nous appellerons ici Denise, aujourd’hui âgée de presque de 75 ans, vit avec des séquelles physiques et psychologiques permanentes qui l’empêchent d’avoir une vie sexuelle normale. Durant les nombreuses récidives de la maladie, elle souffre de douleurs et démangeaisons aux parties génitales, de boutons, de pustules, de lésions et de difficulté à uriner. Selon le témoignage de sa psychologue rapporté dans un jugement de la Cour supérieure publié en juillet, Denise « se sent blessée, hypothéquée et coupable par rapport à sa santé ». Les rencontres que la spécialiste a eues avec sa patiente ont aussi révélé « une peur des gestes affectifs qui peuvent mener à un contact sexuel, des craintes face à d'éventuelles relations sexuelles et la peur de transmettre le virus. » Son intimité avec elle-même est aussi compromise depuis qu’elle souffre d’herpès, dit la psychologue. Le couple s’est rencontré en juin 2004. Deux mois plus tard, ils ont convenu d’avoir des relations sexuelles, à condition « que chacun soit prêt à ne pas tromper l'autre aussi longtemps que durera la relation amoureuse, à être toujours franc et honnête envers l'autre », à la demande de la dame. Tous deux étaient à l’époque âgés de 69 ans. À partir de ce moment, le couple a des relations intimes fréquentes, environ deux à trois fois par semaine, jusqu’à ce que la plaignante se mette à ressentir des douleurs et des démangeaisons aux parties génitales au retour d’un week-end en amoureux. Elle appelle immédiatement son conjoint, que nous appellerons Georges, pour l’en informer. Il se rend chez elle sur le champ, écoute attentivement ses symptômes et lui annonce : « Je sais ce que tu as, c'est l'herpès, je suis porteur depuis dix ans ». Le verdict du médecin confirme rapidement cette hypothèse. Malgré l’incident, le couple ne se sépare pas tout de suite. « Étant aux prises avec l'herpès génital pour le reste de mes jours, cela me rassurait de continuer à vivre cette relation avec monsieur qui était lui-même infecté, explique la septuagénaire dans le jugement. Il me comprenait et me soutenait. » Ils continuent donc de se fréquenter et d'avoir des relations sexuelles quand la femme n’a pas de poussées d’herpès. Ils font même un voyage à Cannes ensemble lors duquel la victime affirme « avoir beaucoup souffert à cause de la maladie ». Puis, en mai 2005, Georges annonce à Denise qu’il s’intéresse à une autre femme. C’est la rupture. « J'ai pleuré beaucoup, raconte la plaignante. Je ne me voyais pas bien vivant seule avec cette maladie. » La poursuite Dans les mois suivants, après plusieurs consultations médicales, elle envoie une lettre à son ancien amoureux où elle lui raconte être atteinte d’herpès de type 1 et 2 et devoir prendre des médicaments. Il lui répond dans une autre lettre : « Je suis très désolé de cette situation. Je te demande pardon ». Il joint la somme de 200 $ à la missive. Il lui envoie 70 $ pour des frais de médicaments quelques semaines plus tard. En mars 2006, après discussions avec son médecin, Denise décide finalement de poursuivre son ex-conjoint. Elle lui demandait à l’origine 147 500 $ notamment pour perte de jouissance, douleurs, souffrance et achat de médicament. Il a finalement été condamné à payer 11 600 $. La Cour a rejeté les arguments du défendeur, qui prétextait que comme aucune de ses conjointes précédentes ne s'était plainte d'apparitions de symptômes de l'herpès génital, il n’avait pas à faire part de son infection à sa partenaire. « Il faut voir qu'au procès, monsieur maintient sa position et continue de dire : pour moi, l'herpès, ça n'existe pas chez moi », raconte le juge Gilles Mercure, qui a présidé durant le procès. Ajoutons que Georges a reconnu qu'il n’avait pas à souffler mot de sa maladie à sa nouvelle conjointe, avec laquelle il a commencé à avoir des relations sexuelles non protégées une semaine ou deux après la rupture avec Denise. Le juge a toutefois conclu que Denise était en partie responsable de son malheur et lui a attribué la moitié de la faute, ce qui a réduit considérablement le paiement exigé à Georges. Il était à l’origine de 23 224,90$, mais a été diminué à 11 600 $ vu ce partage de responsabilité. « On peut s'étonner que madame ait fait si peu de cas de sa santé, au plan sexuel, au moment où les parties ont décidé d'avoir leurs premières relations sexuelles, dit le Juge. Elle sait que monsieur est divorcé, qu'il a eu successivement quelques conjointes depuis son divorce, qu'il vient de terminer une relation amoureuse. Elle ne lui pose aucune question sur sa santé, au plan sexuel, sur des infections transmissibles sexuellement. Elle ne suggère pas l'utilisation du condom, pas même lors de leurs premières relations sexuelles. »
Partager
Envoyer par courriel
Commentaires (2)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Ressources et site de rencontres ITS RENCONTRES
C'est très triste pour cette dame et je comprends très bien sa souffrance et sa frustration.
Il existe par contre des ressources tel un groupe de support à Montréal pour gens vivant avec l'herpès. Vous pouvez trouvé le lien justement sur un nouveau site de rencontres qui vient d'apparaitre au Québec pour gens qui vivent avec une ITS - infection transmise sexuellement (MTS - maladie transmise sexuellement) : http://www.itsrencontres.com sous l'onglet Infos ITS et liens. On parle d'une personne sur cinq qui serait infecté avec le virus de l'herpès et avec l'explosion chez les jeunes de moins de trente ans, les statistiques augmentent. Curieusement, les groupe d'âge de cinquante ans et plus arrive au deuxième rang pour l'augmentation du nombre de cas. J'espère de tout cœur que cette dame pourra contacter ce groupe de support pour obtenir l'aide qu'elle a tant besoin. On a pas à vivre en otage a cause de ce virus et cela, peut importe notre âge. Transmission de l'herpès...
Sujet dont on parle peu dans la catégorie des gens du 3è âge et qui fera sûrement jurisprudence si ce n'est pas déjà fait.
Les jeunes bénéficieront également du processus. Merci d'avoir publié le jugement. On réalise ainsi l'étalement obligatoire de sa vie privée, des professionnels de la santé qui ne sont plus tenu au secret professionnel et même des pharmaciens qui informe au sou près vos dépenses de médicaments - pour le bien de la cause, il va sans dire. Deux points, entre bien d'autres, ont attiré mon attention: 1- Fait quand même assez marquant: le médecin lui conseille d'intenter une poursuite. 2. Sa responsabilité dans la relation sexuelle non protégée. Très informatif... sur bien des points. J'ai bien apprécié. Ecrivez un commentaire |
Aussi sur Rue Frontenac - Nouvelles
- I-Nightclub: 1000 $ par semaine pour être le prête-nom des Hells Angels
- De l'eau chaude pour déneiger les rues
- Le commandant de Trenton — Un homme de confiance...
- Deux jeunes disparus à Montréal — Les familles font appel au public
- Le meurtrier d'une religieuse déclaré non-criminellement responsable
- Le commandant de la base de Trenton accusé de meurtres et d'agressions sexuelles
- Déficients maltraités - Le Conseil de la protection des malades s'inquiète
- La CSN lance une campagne contre le Journal de Montréal en Outaouais
- Serge Quesnel reste en prison
- EXCLUSIF - Des Chinois plumés au Casino de Montréal
- EXCLUSIF – Des déficients ont été maltraités durant des années
- Viabilité hivernale – Des spécialistes du monde entier se réunissent à Québec
- Une session avec un air de déjà-vu…
- Disparition inquiétante de deux jeunes
- ChatRoulette.com – Le phénomène de l’heure sur le Web
- Une tempête apocalyptique
- Projet Montréal réplique à la menace de la mairesse de Longueuil
- Pétition contre les PPP : moins de 7 000 signatures
- Drogue du viol — Perquisitions dans deux résidences de Laval
- Atteint d'un cancer, Jack Layton restera en poste
- La justice a le bras long
- L’orthopédiste Mario Giroux conteste son congédiement
- Arrestation de deux récidivistes
- Gestion - Le lieutenant-gouverneur refuse de témoigner
- Le sénateur Housakos abandonne sa poursuite contre RueFrontenac.com
- Longueuil — Les usagers du métro paieront 41 $ de plus par mois
- Réaménagement de la rue Jean-Talon : des poubelles de luxe à 3125 $ l'unité
- Une coalition regimbe devant la taxe sur le stationnement au centre-ville
- Un juge refuse la liberté à un admirateur de Marc Lépine
- Ecstasy ou amphétamine — La police saisit 110 000 comprimés




























