Bergeron approuve le budget – Un compromis qui pourrait être payant PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique municipale
Écrit par Jean-Michel Nahas   
Mardi, 26 janvier 2010 11:12
Mise à jour le Mardi, 26 janvier 2010 15:18

La décision de Richard Bergeron d’approuver le budget même si ses conseillers ont voté contre est « réaliste » et pourrait lui faire gagner de précieux votes chez l’électorat, qui le jugeait trop radical, estime une experte.

Pour la professeure au département d’études urbaines de l’UQAM Danielle Pilette, le chef de Projet Montréal a choisi de faire un compromis qui pourrait s’avérer payant.

« Il a agi avec réalisme. Ses conseillers ont voté en défaveur du budget par idéologie, mais la position de M. Bergeron au comité exécutif l’oblige à faire des compromis. C’est une bonne chose, car son parti gagne ainsi en crédibilité », explique la spécialiste.

Officiellement, Projet Montréal avait indiqué qu’il n’entérinerait pas le budget si les tarifs de la Société de transport de Montréal (STM) n’étaient pas gelés. Aucune mesure en ce sens n’a été annoncée et les neufs conseillers du parti se sont prononcés contre l’exercice financier.

Selon Richard Bergeron, tous les élus de sa formation ont appuyé sa démarche. Photo d’archives Rogerio Barbosa

Une ville déjà orientée vers les transports en commun

La Ville de Montréal, rappelle Danielle Pilette, dépense 10 % plus que les autres grandes municipalités du Québec en matière de transport. Dans ce contexte, et de par sa nouvelle position, Richard Bergeron ne pouvait se permettre de rejeter le budget parce que les tarifs de la STM augmenteront.

« Le maire de Montréal est très porté sur la mobilité urbaine. C’est à peu près la seule chose qu’il a amenée depuis qu’il est en poste. Le parti de Gérald Tremblay rejoint donc en partie la vision de Richard Bergeron », souligne la professeure.

Qui plus est, en tenant mordicus à ce que le coût des cartes de transport en commun demeure gelé, il aurait été difficile pour le chef de Projet Montréal de vendre son coûteux projet de tramway, croit Mme Pilette.

Celle-ci est également d’avis que M. Bergeron a accru sa crédibilité en acceptant de mettre de l’eau dans son vin. « En étant au comité exécutif, il va prendre connaissance d’autres dossiers d’importance et il va devenir un meilleur politicien, moins centré uniquement sur les transports. Il va sans doute aller chercher de nouveaux votes avec cette approche », dit la professeure.

Vives discussions autour du budget

Rappelons que les discussions sur l’adoption du budget municipal se sont poursuivies jusque tard hier soir. Celui-ci a finalement été approuvé par 38 voix contre 22.

Pour que les conseillers de Projet Montréal votent en faveur du budget, il aurait fallu que les budgets destinés aux investissements des arrondissements soient maintenus, que les tarifs de la Société de transport soient gelés et que les sommes allouées aux arrondissements soient indexées selon les revenus de la Ville. Seule cette dernière condition a été respectée.

Selon Richard Bergeron, tous les élus de sa formation ont appuyé sa démarche. La chef de l’opposition, Louise Harel, a affirmé n’avoir jamais vu une telle stratégie politique en 27 ans de carrière.

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