Ottawa — Une reprise parlementaire tumultueuse en perspective PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique fédérale
Écrit par Mathieu Bélanger   
Lundi, 19 octobre 2009 15:53
Mise à jour le Lundi, 19 octobre 2009 16:07

OTTAWA — Les partis d’opposition attendent la reprise des travaux parlementaires avec impatience à Ottawa et les nombreuses attaques incisives concernant l’éthique du gouvernement ont donné lieu, lundi après-midi, à une période de questions tumultueuse.

Les partis d’opposition, les libéraux en tête, tiennent un os et n’ont pas l’intention de le lâcher. En plus de devoir faire l’objet de 55 plaintes devant le Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique du Parlement pour l’utilisation de chèques symboliques personnalisés lors d’annonces gouvernementales, le Parti conservateur est maintenant accusé, dans un autre dossier, de «trafic d’influence» par l’opposition.

La Presse canadienne a révélé lundi qu’une entreprise de Montréal a obtenu un important contrat du fédéral et que son vice-président au développement des affaires n’est nul autre que l’un des plus importants organisateurs du Parti conservateur au Québec.

Léo Housakos n’est pas qu’un simple organisateur, il a aussi été nommé sénateur par Stephen Harper en décembre dernier et il est un ami intime du porte-parole officiel du premier ministre, Dimitri Soudas.

La firme BPR, qui employait M. Housakos, a décroché un contrat d’ingénierie de 1,4 million de dollars pour étudier les différentes options possibles quant à l’avenir du pont Champlain, à Montréal.

La Presse canadienne indique que quatre mois avant l’octroi du contrat, quatre hauts dirigeants de BPR ont assisté à une activité de financement du Parti conservateur. Deux dirigeants de l’agence fédérale qui dirige le pont Champlain étaient aussi sur place. L’activité était organisée par Léo Housakos.

Ces allégations d’apparence de conflit d’intérêts ont mis le gouvernement sur la défensive.

«Dès que cette histoire a été révélée, le gouvernement conservateur a tenté de camoufler la relation de M. Housakos avec cette firme, a avancé la députée libérale Marlene Jennings. Comment l’argent des contribuables s’est-il retrouvé dans les poches d’une compagnie qui comptait parmi ses employés quelqu’un aussi proche du Parti conservateur?»

Le ministre fédéral des Transports, John Baird, a mis au défi les libéraux de présenter des preuves de ce qu’ils avancent. «Qu’elle montre des preuves, des faits concernant ses allégations excessives, qu’elle prouve qu’elle ne fait pas une attaque à l’aveuglette, qu’elle fasse preuve de courage et dépose plutôt des preuves», a-t-il lancé en visant la députée libérale.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait aussi choisi de frapper sur le clou de l’éthique lors de son retour en chambre. En plus reprocher au gouvernement d’utiliser l’argent des contribuables à des fins partisanes, il a accusé les conservateur de «trafic d’influence», soulevant ainsi la colère du lieutenant de Stephen Harper au Québec et ministre des Travaux publics, Christian Paradis.

«Il s’agit d’allégations très sérieuses, a mis en garde M. Paradis. La Société des ponts fédéraux est indépendante du gouvernement et le contrat a été octroyé de façon ouverte et transparente.»

Gilles Duceppe a raillé son adversaire en rappelant que les rénovations du pont Champlain avaient été annoncées en personne par des ministres conservateurs. «Et aujourd’hui, ils nous disent qu’ils n’ont plus rien à voir là-dedans», a lancé le chef bloquiste.

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