I-Nightclub: 1000 $ par semaine pour être le prête-nom des Hells Angels PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Vincent Larouche   
Lundi, 08 février 2010 23:15
Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 21:39

Combien gagne une personne qui accepte de « prêter son nom » aux Hells Angels afin qu’ils puissent opérer une boîte de nuit branchée sur la rue Sainte-Catherine sans attirer l’attention des policiers ? Jusqu’à 1 000 $ par semaine, s’il faut en croire la soi-disant gestionnaire du I-Nightclub, qui vient d’être démasquée par la Régie des alcools et le SPVM.

Dans une décision rendue la semaine dernière et dont Rue Frontenac a obtenu copie, la Régie révoque pour toujours le permis du bar ouvert à l’automne 2007 à l’angle des rues Sainte-Catherine et Amherst. « La Régie est d’avis que le « Bar I » n’est plus un lieu à vocation commerciale. Il est devenu le chef-lieu d’activités criminelles », écrivent les régisseurs Marc Savard et Saifo Elmir.

Le I-Nightclub avait pignon sur à l'angle Sainte-Catherine et Amherst. Photo Rogerio Barbosa

Officiellement, le club avait été ouvert par une certaine Marie-Josée Faucher ou Foucher (l’orthographe de son nom diffère dans les papiers de la cour et ceux du registre des entreprises), une résidante de Mascouche inconnue des services policiers.

Le Hells Éric Bouffard lors de son arrestation en octobre 2009. Photos d'archives Rogerio Barbosa.

Mais la police de Montréal s’est vite rendue compte que la dame agissait comme prête-nom pour Éric « Boubou » Bouffard, un membre bien connu du chapitre South des Hells Angels qui a été arrêté avec ses confrères lors de l’opération SharQC l’an dernier.

Comme les membres du crime organisé ne sont pas autorisés à détenir des permis d’alcool, « Boubou » et d’autres relations du chapitre South auraient obtenu que la résidante de Mascouche signe tous les papiers à leur place et se présente comme la propriétaire lors des visites de policiers.

L’ouverture du club en octobre 2007 a été un événement d’une certaine ampleur qui a attiré plusieurs personnes comme le démontrent ces deux vidéos.

Pourtant, aucun employé rencontré par la police à cette époque n’était capable de dire le nom du mystérieux propriétaire. Au même moment, des agents qui s’étaient introduits dans le club ont constaté que des clients félicitaient « Boubou » pour l’ouverture de son bar.

Le 7 décembre suivant, à l’occasion de l’anniversaire du chapitre de Montréal des Hells, c’est une bonne quarantaine de membres et relations de la bande qui sont aperçus sur place par la police.

Alors que la propriétaire officielle est incapable de répondre aux questions de base sur la gestion de son établissement, la police remarque qu’Éric Bouffard a accès au bureau privé à l’intérieur du bar et que d’autres motards y font sentir leur présence.

Des perquisitions à la résidence et dans la voiture de « Boubou » confirmeront les soupçons des enquêteurs : sa mère déclarera candidement aux policiers que son fils est propriétaire du I-Nightclub, et les agents découvriront dans le véhicule des documents officiels liés au bar, dont un permis d’alcool et une facture pour rénovations.

La fausse propriétaire se mettra finalement à table lors d’une conversation avec des policiers de la Sûreté du Québec en septembre 2009.

« À la fin de 2007, j’ai été approchée par une connaissance qui cherchait quelqu’un pour être propriétaire d’un bar, il m’offrait 1 000 $ par semaine pour que je sois sur les papiers du bar », avoue-t-elle.

Elle explique avoir d’abord reçu un chèque de François Leblanc, un associé des Hells, par le biais d’une compagnie. Elle a ensuite ouvert un compte au nom du I-Nightclub et signé des chèques en blanc pour les rénovations.

Interrogée à savoir si elle connaît le vrai propriétaire du bar, elle a répondu que non. La dame ne s’est d’ailleurs pas présentée lors de l’audience devant la Régie, ce qui a accéléré le processus de révocation de son permis.

Une note dans la porte de l'établissement promet une réouverture prochaine. Photo Rogerio Barbosa

Commentaires (1)

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Restauration et l'argent sale des Hells
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Et ceci n'est que la pointe de l'isberg,partout au Québec il y a un paquet de petits et moyens resto style franchise,surtout dans le domaine du sushi et cuisine thai, take-out et ect. Et les corps policier le savent très bien, mais ne font absolument rien pour une raison bien précise, il n'y a aucunes volonté politique à faire le ménage dans ce domaine très lucratif qui fait tourner
l'industrie touristique, qui pour plusieurs commence à manquer pas mal de souffle,et ça les criminels l'on comprit sa fait belle lurette, c'est encore et toujours une question de fric.
Jo blow , février 09, 2010

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