| MCN21: Considérations de base liées à l'énergie |
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| Nouvelles générales - Environnement |
| Écrit par RueFrontenac.com |
| Samedi, 11 avril 2009 19:07 |
| Mise à jour le Lundi, 13 avril 2009 01:28 |
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Plus qu’un livre, Maîtres chez nous, 21e siècle est un véritable projet de société sur l’avenir énergétique du Québec élaboré par quelques environnementalistes aussi chevronnés que visionnaires. Dénonçant les scandales et décisions illogiques tout comme le manque de vision stratégique du gouvernement québécois et de la société d’État Hydro-Québec depuis les 15 dernières années en matière d’énergie, ils proposent des pistes de solutions simples et viables pour que le Québec prenne le contrôle de son énergie, qu’il se libère du joug des énergies fossiles et qu’il devienne un véritable leader en matière d’énergies vertes. MCN21 entreprendra une tournée à travers le Québec pour que, collectivement, les Québécois puissent choisir et élaborer un réel projet de société en matière d’énergie. RueFrontenac.com vous présente quelques extraits tirés du livre Maîtres chez nous, 21e siècle. Voici le troisième extrait portant sur les considérations de base liées à l'énergie qui servira de base au projet de société MCN21. Le chapitre a été écrit par Michel Duguay et peut être consulté dans sa globalité à la fin de l’extrait. L'énergie: un service essentiel L'énergie est un service essentiel, au même titre que l'eau et la nourriture. Dans un climat nordique comme celui du Québec, l'énergie est fondamentale au maintien de la vie. Les investissements publics de tous les paliers de gouvernement sont considérables, mais c'est également le cas des investissements privés et des dépenses des ménages. Notre mode de vie est également fortement tributaire de l'accès stable à l'énergie. Celle-ci ne peut être considérée comme un simple produit ou service marchand tel qu'un appareil photo ou un service de courtage financier. De plus, la production d'énergie qui mettrait en péril l'accès à une eau saine, à la nourriture ou qui créerait des problèmes de pollution de l'air ne saurait être encouragée ou subventionnée. Les relations public-privé Les relations d'affaires entre le secteur public et l'entreprise privée doivent tenir compte du caractère de service essentiel de l'énergie, ce qui implique que le secteur public doit en garder le contrôle, voire ne pas recourir au privé dans plusieurs cas. En effet, la privatisation et les nombreux échecs de partenariats public-privé sont éloquents quant aux risques encourus par un trop faible contrôle du secteur public sur des services essentiels. Toutefois, qui dit contrôle public ne dit pas que la seule formule économique est celle d'un contrôle du gouvernement central, mais bien en collaboration possible avec les régions, les MRC, les communautés métropolitaines et les municipalités. Le Québec tire sa fierté de divers modèles coopératifs, d'économie sociale et d'autonomie régionale et locale qui contribue à sa renommée en innovation sociale et qui peuvent tout à fait être adaptés à la production d'énergie. L'effet de l'autonomie sur la santé publique L'autonomie n'est pas qu'une question financière. Elle permet également de développer l'empowerment, ou le pouvoir d'agir, ce qui a des conséquences positives sur la santé publique en général. Le groupe Genre en action précise la définition de l'empowerment: «Au plan individuel, Eisen définit l'empowerment comme la façon par laquelle l'individu accroît ses habiletés favorisant l'estime de soi, la confiance en soi, l'initiative et le contrôle. Certains parlent de processus social de reconnaissance, de promotion et d'habilitation des personnes dans leur capacité à satisfaire leurs besoins, à régler leurs problèmes et à mobiliser les ressources nécessaires de façon à se sentir en contrôle de leur propre vie. Les notions de sentiment de compétence personnelle, de prise de conscience et de motivation à l'action sociale y sont de plus associées.» Comme on peut le constater, cet empowerment a des incidences positives autant pour l'individu que la société, étant donné son impact sur la motivation à l'action sociale. La prise en charge publique de la production et consommation d'énergies renouvelables peut également avoir un impact positif sur la santé publique. À cet égard, les résultats de l'étude sur le projet suédois Biogaz Väst ont démontré qu'il y avait un fort consensus parmi les personnes interviewées, à l'effet que le contrôle local de l'énergie avait un effet d'empowerment sur la population. Le rôle des municipalités et le développement des régions Plus près des citoyennes et citoyens que les paliers nationaux, le monde municipal demande depuis plusieurs années d'être partie prenante des questions énergétiques ayant un impact sur leur territoire. Par exemple, dans le dossier de la filière éolienne, les associations municipales – l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) ont demandé à ce que le modèle coopératif soit favorisé. Elles ont demandé à répétition que les municipalités et MRC puissent être maîtres d'oeuvre de ces projets énergétiques afin de développer expertise et autonomie locale. Or, dans la situation actuelle où Hydro-Québec favorise surtout les gros projets, le prix de rachat de l'électricité par Hydro-Québec et l'absence de volonté du gouvernement du Québec découragent l'autonomie locale et régionale. La solution n'est pas nécessairement d'augmenter les tarifs d'électricité – une mesure profondément inéquitable – mais plutôt de repenser les modèles de production d'électricité en favorisant une multiplicité de petits joueurs plutôt que les modèles actuels favorisant le gigantisme privé et trop souvent des intérêts étrangers. Cette attitude face aux désirs d'autonomie municipale et régionale est d'autant plus déplorable que c'est la volonté populaire de milliers de militantes et militants qui ont fait pencher la balance en faveur du développement de la filière éolienne plutôt que celle du gaz naturel, lors de la mobilisation contre la construction d'une centrale au gaz naturel du Suroît, près de Montréal. Une vision globale de l'énergie Les considérations suivantes visent donc à élargir le débat, afin de s'assurer que nous ne répéterons pas les mêmes erreurs pour les générations futures, dans un contexte où les changements climatiques et la mondialisation des marchés constituent déjà un fardeau considérable pour nous et nos enfants. De plus, la crise financière recommande que les questions économiques soient prises en considération en fonction de leur impact sur les générations actuelles et futures. Dans ce contexte difficile, les coûts prohibitifs de certaines solutions promues par le gouvernement du Québec, dont Gentilly-2, font qu'elles gagneraient à être remplacées par des projets d'énergie renouvelables à plus petite échelle, moins coûteuses, moins dangereuses et plus saines. Analyse de cycle de vie et catégorisation des impacts Les doutes sur le bénéfice environnemental réel des agrocarburants et la quantité importante de reportages et études à ce sujet ont fait émerger l'importance de produire une analyse selon le cycle de vie, ce qu'on appelle communément «du berceau au tombeau». Par exemple, le calcul des émissions de gaz à effet de serre doit être effectué sur l'ensemble de la chaîne de production de distribution, d'utilisation et d'élimination, et non uniquement sa consommation. C'est pourtant ce qui arrive trop souvent. Les énergies renouvelables ont une empreinte écologique bien moindre si l'on fait une analyse de cycle de vie. L'une des raisons est une réduction importante de la distance de transport de l'énergie, la consommation de l'énergie renouvelable étant souvent produite près des lieux de production, entre autres pour ce qui est des autres biocarburants que l'éthanol. On remarquera également que l'hydrogène produit selon un mélange de sources diverses d'électricité – communément appelé EU MIX – (qui peut provenir de source nucléaire ou charbon, par exemple) est l'une des sources les plus importantes d'émissions de gaz à effet de serre. À l'opposé, lorsque l'hydrogène est produit à partir de source d'électricité provenant des éoliennes, cela devient alors l'une des solutions plus intéressantes. Impacts locaux et internationaux La question de l'impact international de la production et la consommation d'énergie au niveau local peut difficilement être réfutée, et ce, pour plusieurs raisons: conflits armés, changements climatiques, déséquilibre profond entre la consommation énergétique des pays industrialisés face aux reste de la planète, etc. Or, la stratégie énergétique du gouvernement du Québec semble donner l'impression que le Québec vit en vase clos et ne tient aucunement compte, par exemple, des avancées dans les énergies renouvelables que l'on constate un peu partout sur la planète. Avec la bourse du carbone, le protocole de Kyoto et autres négociations sur les questions climatiques et l'énergie, cette absence de considération pour les questions internationales est pour le moins déroutante. Ayant un impact moindre sur l'environnement et la santé publique (moins de transport, production moins polluante, etc.), le développement des énergies renouvelables constitue une solution pour les milieux locaux qui désirent réduire leur empreinte écologique sur l'ensemble de la planète. De plus, cette approche bénéficie autant aux pays industrialisés qu'aux pays en voie de développement, en plus d'être généralement plus équitable, étant donné les frais moindres impliqués. Par exemple, la construction de bioréacteurs ou d'éoliennes s'avérera beaucoup moins coûteux que le nucléaire. Propriété de l'énergie Comme l'on entend souvent sur le débat autour des éoliennes, à qui appartiennent le vent, la biomasse, le courant, les marées et les champs? Doit-on laisser aller le tout au privé ou, au contraire, permettre aux communautés locales et régionales d'en faire la «récolte» pour produire de l'énergie d'abord pour leur usage local? Ce sont pourtant les premières touchées par ce qui se passe sur leur territoire et responsables de l'aménagement de ceux-ci. L'histoire du Québec a démontré qu'on laisse trop facilement au privé les ressources naturelles que l'on possède. Non seulement cette dépossession n'est pas économiquement viable à long terme, mais MCN21 propose un autre modèle qui est basé sur l'équilibre des piliers du développement durable: efficience économique, équité (et empowerment), réduction de l'impact sur l'environnement et développement de l'autonomie pour les générations actuelles et futures. Consommation d'énergie et comportement des consommatrices et consommateurs Face aux défis climatiques et à une surmultiplication de mauvaises nouvelles sur ce sujet, les consommatrices et consommateurs deviennent à la fois de plus en exigeants et de plus en plus inquiets. L'éco-blanchiment (greenwashing), c'est-à-dire l'utilisation de l'environnement uniquement comme atout marketing, est alors tentant et devient commun, alors qu'il est de plus en plus évident que l'éthique est liée directement au développement des marchés de l'énergie. Le développement de la filière de l'éthanol est certainement l'exemple le plus frappant que l'on peut citer en exemple. À l'inverse, l'offre des distributeurs d'électricité suédois d'offrir de l'électricité produite de source renouvelable et excluant le nucléaire est également un exemple frappant du lien entre éthique et économie. De plus, il est difficile de favoriser des changements de comportement et une fausse solution environnementale ou contraire aux principes du développement durable nuit au développement des filières énergétiques environnementales réelles. Ainsi, la promotion du nucléaire, du charbon «propre» ou de l'éthanol risque d'avoir pour effet de renforcer la suspicion à l'égard de l'ensemble de l'énergie renouvelable, ce qui est contre-productif. À cet égard, il est à remarquer que cette promotion provient souvent d'entreprises, publiques ou non, qui ne veulent pas de changement de comportement de la part des consommatrices et consommateurs. Or les énergies renouvelables présupposent un changement de paradigme, dans le sens où il est possible de penser production d'énergie locale et régionale, voire individuelle, ou encore partage de l'énergie ou des infrastructures. Il est essentiel également de penser à un cocktail de solutions plutôt qu'une seule, etc. La responsabilité devient alors collective et individuelle, d'où l'importance de l'empowerment des populations locales, dont les effets bénéfiques sont multiples. Enfin, la question de l'étiquetage n'est presque jamais abordée; elle est pourtant essentielle. À titre d'exemple, dans un contexte où les consommatrices et consommateurs ne veulent pas d'éthanol si celui-ci cause des problèmes d'accès à la nourriture, le marché de l'éthanol cellulosique ne peut émerger puisque les gens ne peuvent faire la différence entre les deux. La même chose se produira avec l'électricité produite par le nucléaire. Une simple publicité de groupes environnementaux de type «Vous voulez vraiment rouler avec du nucléaire?» risque d'avoir des effets dévastateurs sur le marché de la voiture électrique, s'il n'est pas possible d'éviter cette source d'électricité. Si l'étiquetage de la production et distribution d'énergie éthique est un avantage lors de production éthique, il y a cependant fort à parier que le lobby des énergies problématiques s'opposera à toute forme d'étiquetage. Il y aurait avantage à s'inspirer de la Suède là-dessus, tant pour ce qui est des biocarburants que des sources d'électricité, qui sont clairement identifiées. Pour lire l’intégralité du chapitre sur Les considérations de base liées à l'énergie À lire également: Un projet de société visionnaire sur l’avenir énergétique au Québec Vendredi: Bref retour sur la gestion de l’énergie depuis 15 ans Samedi: Bureau des audiences publiques sur l’environnement Lundi: L'importance de l'investissement dans l'économie verte
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Commentaires (1)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires ENFIN de l'espoir !
J'ai bien hâte de rencontrer les auteurs de MCN21 lors de votre tournée du Québec. Nous avons besoin de leaders intéressés par les gens du Québec et ayant une éthique et une empathie face à l'économie et au développement durable du Québec. Cela manque énormément actuellement.
Quelques extraits importants: - L'énergie est un service essentiel. - Peuvent être adaptés à la production d'énergie, divers modèles coopératifs, une économie sociale et une autonomie locale et régionale. Ecrivez un commentaire |
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