MCN21: Un projet de société visionnaire sur l'avenir énergétique du Québec PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Environnement
Écrit par Jessica Nadeau   
Jeudi, 09 avril 2009 20:23
Mise à jour le Lundi, 13 avril 2009 00:38

Le lancement officiel du livre et projet de société Maîtres chez nous, 21e siècle, dirigé par l’environnementaliste Daniel Breton et dont RueFrontenac.com publie des extraits tout le week-end, a reçu des appuis de taille vendredi midi au Centre St-Pierre à Montréal. Plusieurs hommes politiques, dont Thomas Mulcair du NPD, Guy Rainville, chef du Parti vert du Québec, Amir Khadir, député de Québec solidaire, ainsi que Scott McKay et Stéphane Bergeron du Parti québécois ont donné leur appui au projet de société pour l’avenir énergétique du Québec mis sur pied par des environnementalistes de la première heure.

«Il serait faux de penser que le gouvernement n’a pas de volonté politique, il y en a une, mais elle va dans un sens complètement opposé à ce qui est présenté dans ce livre. MCN21 va devoir prendre de front cette orientation», a soutenu l’ancien chef du Parti vert du Québec et nouveau député du Parti québécois, Scott McKay.


Les environnementalistes proposent aux Québécois un projet de société rassembleur. Photo Hugo-Sébastien Aubert

À l’image de ce qu’ont fait René Lévesque et Jean Lesage en 1962 avec leur «Maîtres chez nous», qui a mené à la nationalisation de l’hydroélectricité au Québec, les auteurs du livre et instigateurs du projet MCN21 dénoncent l’inertie du Québec en matière d’énergie verte et le manque de vision de nos gouvernements et proposent un projet de société rassembleur pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles et devenir de véritables leaders en matière d’énergie verte. Ils entameront une tournée nationale à partir du 28 avril pour engager une véritable discussion sur l’avenir énergétique du Québec et structurer des projets qui mèneront à des mesures concrètes dans chaque région.

Ce groupe d'environnementalistes chevronnés reprend le slogan Maîtres chez nous, 21e siècle pour amener le Québec «à prendre et à conserver le contrôle de son avenir économique et écologique».

Un véritable scandale

Maîtres chez nous, 21e siècle (MCN21), c'est d'abord un livre. Le fruit d'années de recherche, de luttes et d'inévitables déceptions. Du Suroît à la Romaine en passant par Rabaska et Gentilly-2, ces environnementalistes ont mené toutes les batailles et présenté – souvent en vain − des mémoires au Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) pour empêcher les gouvernements d'aller de l'avant avec des projets qui vont à l'encontre de toute logique tant économique qu'environnementale.

La première partie de l'ouvrage qui deviendra une référence en la matière se penche sur des faits qu'ils estiment troublants: le manque de vision d'Hydro-Québec et de nos gouvernements, petits et grands scandales qui ont marqué l'histoire de l'énergie depuis 15 ans. Comme les liens qui unissent les dirigeants d'Hydro-Québec et de Gaz Métro. Ou la construction de la centrale de Bécancour qui a coûté 1,4 milliard de dollars et qui a dû fermer ses portes un an plus tard, brisant ainsi un contrat de 20 ans avec TCE à qui Hydro-Québec a dû verser 340 millions de dollars depuis deux ans pour ne pas produire d'électricité.

Que penser du refus par le gouvernement du Québec et d'Hydro-Québec de l'offre (gardée secrète) de la compagnie allemande Siemens qui souhaitait faire du Québec la plaque tournante de l'énergie éolienne en Amérique du Nord? Et des magouilles pour tenter de faire accepter le projet du Suroit, de Gentilly-2 ou de Rabaska? De scandales en incongruités, le livre dresse le portrait d'une société d'État et d'un gouvernement qui manquent de vision et qui salivent à l'idée de grands projets déjà voués au fiasco économique. Autant de dénonciations faites par les auteurs de Maîtres chez nous, 21e siècle.

«Au Québec, de nombreux projets sur lesquels le gouvernement, Hydro-Québec et certaines entreprises misent vont exactement dans le sens contraire de l'enrichissement collectif et du développement durable, écrit en introduction Daniel Breton, l'un des auteurs du livre. Si je suis favorable à l'épanouissement des entreprises privées, j'ai un problème lorsque l'enrichissement de ces dernières passe par un appauvrissement collectif. C'est ce qui se passe […] spécialement dans le domaine de l'énergie. Des projets tels que Rabaska ou Gentilly-2 sont de cet acabit et nous font reculer avant 1962.»

Projet de société visionnaire

Maîtres chez nous, 21e siècle, c'est beaucoup plus qu'un livre. C'est un cri du coeur, un message d'espoir, un appel aux Québécois afin qu'ils prennent (enfin) en main leur avenir énergétique et, surtout, un (projet de société) rassembleur et visionnaire. Puisque nos politiciens semblent incapables d'avoir une vision globale en matière d'énergie, eux qui dilapident nos ressources et les deniers publics pour des projets qui profitent à tous, sauf aux Québécois, les environnementalistes s'en sont chargés, grand bien nous en fasse.

Au moment où le monde fait face à une crise climatique doublée d'une crise économique, l'heure est venue pour un New Deal vert version québécoise, estiment les auteurs. Il faut que le Québec s'approprie ses ressources, qu'il investisse dans les nouvelles sources d'énergie vertes, lui qui possède un potentiel éolien équivalent aux ressources pétrolières de l'Arabie, qu'il devienne – avant qu'il ne soit trop tard − un véritable chef de file en matière d'énergie verte plutôt que d'investir dans des technologies déjà dépassées qui polluent et mettent en danger ses populations.

«Qu'il s'agisse de chauffage de maison, d'industries, de transport automobile ou de toute autre forme d'activité requérant de l'énergie, nous pouvons mettre en place les infrastructures pour fournir tout le Québec en énergie propre, ajoute Daniel Breton. Ce projet créera des emplois partout au Québec, fera de nous des leaders dans le domaine des énergies vertes et fera en sorte que des milliards de dollars qui sortent de chez nous y resteront.»

Pour entamer une véritable discussion nationale sur l'avenir énergétique du Québec, les auteurs et instigateurs du projet MCN21 entreprendront une tournée dans toutes les régions du Québec. Cette tournée permettra à tous et chacun de s'informer, de s'approprier MCN21 et de faire de ce projet une réalité pour le Québec, au même titre que Maîtres chez nous de René Lévesque l'a été en 1962.

«Ce projet d'émancipation économique et démocratique du Québec par la prise en main de nos ressources énergétiques et de notre territoire a marqué notre histoire. Il nous a sorti de l'état de colonie économique mais aussi d'une certaine manière de notre mentalité de colonisés, mais pas encore tout à fait. Si nous avons été capables en 1962, nous le sommes encore plus en 2009. Nous en avons l'énergie.»

RueFrontenac.com présente sur quatre jours des extraits tirés du livre Maîtres chez nous, 21e siècle.

Vendredi: Bref retour sur la gestion de l’énergie depuis 15 ans

Samedi: Bureau des audiences publiques sur l’environnement: Où en est-on après 30 ans?

Dimanche: Les considérations de base liées à l’énergie

Lundi: L'économie et l’importance de l'investissement dans l'économie verte

Cliquez ici pour une sélection de photos de l'événement.
Les photos de Hugo-Sébastien Aubert.

Commentaires (8)

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Longue et palpitante vie à MCN21
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Bravo et longue et palpitante vie au projet MCN21. Le momentum est bon, les initiateurs sont compétents et plus que dévoués à leur cause, en fait, la cause de toute une société, l'éveil des populations se réalise de plus en plus rapidement, ne reste que l'implication du plus grand nombre : nous avons l'énergie! Nous avons le pouvoir!
Lise Thibault , avril 13, 2009
MCN21 et l'opportunisme érigé en système
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Bravo pour ce projet qui, je le souhaite ardemment, saura raviver la flamme d'un projet de société, ceci à une époque plongée dans un cynisme profond grâce au merveilleux travail de désinformation de la classe politique et de ses valets de l'entrepreneuriat, tous des pleutres suffisants apôtres de l'intérêt personnel et du profit à n'importe quel prix...

Québecois, réveillez-vous, tâchez de faire la part des choses, prendre les bonnes décisions qui s'imposent. C'est notre avenir collectif qui en dépend. Nous ne pouvons plus nous permettre d'être ainsi dirigés par une caste priviligiée et dénuée de toute forme d'empathie la plus élémentaire, et surtout requise...
Eric , avril 13, 2009
Réécrire l'histoire, sinon la voler...
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C’est le comble. On annonce un espèce de regroupement “Maîtres chez nous, 21e siècle“, composé de péquistes, d’adéquistes, de Québec-solidairistes, mais dont personne du PLQ. Ça y est, l’héritage des Godbout (père d’Hydro-Québec), Lesage (Père de la nationalisation) et Bourassa (père de la Baie-James), tous trois premiers ministres libéraux du Québec, sont repris par les opposant de ce parti. Ironie incroyable: lorsque les Libéraux ont lancé les mégachantiers hydroélectriques dans les années 70, le PQ dénonçait ces projets et exigeait l’implantation de “l’énergie de l’avenir: le nucléaire” !!!

Et voilà qu’aujourd’hui, dans le communiqué annonçant cette réécriture historique, on va même jusqu’à écrire que “Maîtres chez nous” était celui de… Lévesque !

Champions de la réécriture historique, les péquistes se surpassent encore. Surprenant que l’ADQ et Québec-solidaire y prennent part: besoin de visibilité peut-être. Je ne trouve pas de mot assez fort pour critiquer toute forme de réécriture de l’histoire. Quand on perd son passé, c’est notre avenir qu’on met à risque.

Pourtant, juste avant de tomber (c’est le bon mot) sur cette horreur, j’avais le très grand plaisir de lire l’excellent papier de René Vézina sur l’exportation d’électricité. Il s’agit d’un rappel plus-que-nécessaire sur l’importance de cet enjeu pour l’avenir du Québec. Faut-il le rappeler, sans Godbout, Lesage et Bourassa, nous n’en serions pas là. Même Charest, il faut l’avouer, qui a relancé les méga-projets hydro-électriques avec quelque 30 milliards de projets énergétiques. Depuis peu, on a recommencé à exporter, alors qu’on importait dans les années 90…
Le fin renard , avril 13, 2009
Projet rassembleur.. et bienvenu !
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Le Québec a besoin d'un projet semblable pour enfin réunir toutes les forces autour d'une prise en charge de nos richesses et de nos responsabilités à leurs égards.
Dépêchez vous à recueillir toutes les personnes prêtes à soutenir et porter ce projet.
Enfin...quelque chose qui peut arrêter toute cette farce de la gestion de l'État que l'on connaît maintenant.
andré-jean b , avril 12, 2009
La dernière phase de la révolution tranquille serait-elle en voie d'être réalisé par nos enfants ?
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Issu de la première tranche des "baby boomers", j'ai vécu la fin du duplessisme, les débuts de la révolution tranquille, les grands chantiers sous Bourassa, la transformation de l'état sous Lévesque et l'émergence d'un Québec Inc. qui partageait nos valeurs à cette époque...Le rêve nous portait, peu importe nos allégeances. Les nouveaux diplômés allaient s'imposer dans toutes les sphères de la société. La classe moyenne s'élargissait et l'aisance financière n'était plus restreinte à un petit groupe de privilégiés. Un séjour de plus de dix ans à l'extérieur du Québec allait dégonfler ma "balloune". À mon retour, l'enthousiasme avait fait place au cynisme, l'espoir à l'indifférence. Les "gourous" de la consommation, de la production et de la spéculation imposaient leur idéologie. "Juste pour rire" servait largement d'exutoire au désabusement des populations. Les premieres contestations du système s'organisèrent autour des mouvements alternatifs, agricoles ou écologiques principalement. Des mouvements particuliers comme Eau-Secours ou l'Action Boréale emboitent le pas. Puis, contre toute attente, un premier regroupement d'entrepreneurs, celui du Kamouraska, se joint aux contestataires écologiques. Ce groupe d'entrepreneurs dont je fais partie a bien compris que l'avenir de l'économie comme celle de la planète ne peut que passer par le développement d'une économie écologique. Les possibilités sont si nombreuses qu'ils surpassent tous les Rabaska de ce monde. Les seuls secteurs du développement des énergies propres, éolien, marée-motice, géothermie, valorisation de la biomasse, transport écologique et habitation pourrait créer des miliers d'emplois dans une région comme le Bas-Saint-Laurent, imaginons à la grandeur du Québec. Sans compter les retombées sur l'agriculture de proximité, l'agriculture biologique et surtout la culture en serre si énergivore qui pourait profiter des tarifs préférentiels qui sont réservés à l'Alcan ! À mon avis, le projet MCN21 a le potentiel de rallier tous les québécois. Tous les lobbies du gaz et même Hydro-Québec dont nous étions jadis si fier, tenterons de démolir vos arguments. Les nombreux amis des petits amis du monde politique vous attendent au détour. Votre projet est écologique, social et économique et réaliste. Il est également politique, et il implique un changement radical de la pensée politique de nos élus. En 2009, redonner aux québécois le contrôle de ses ressources et de son territoire, c'est dérangeant pour les sangsues qui profitent du système. Une chose est certaine: la preuve est faite que les forêts, mines et énergies ne peuvent être laissées aux petits amis. Pas plus que la surveillance des spéculateurs boursiers à des commissions bidon. Le contrôle de nos ressources, de l'intégrité du monde financier, des cartels et de l'évasion fiscale sont des prérequis pour le développement des collectivités et des petites entreprises qui créent une richesse réelle et non virtuelle. La transparence de nos institutions devra également être clairment définie. Les conseils d'administration devront être élargient pour permettre une représentation citoyenne délégué par les citoyens eux-mêmes. Le vase clos a assez duré ! Pour le moment, la volonté politique n'y est pas ! Monsieur Charest regarde intensément vers le Grand-Nord, la ministre du développement durable est occupé à trouver un commississaire à l'éthique depuis 2003 et le ministre de l'agriculture n'a pas fini encore de lire le rapport Pronovost...Bravo !
Michel Lemay , avril 12, 2009
Ça semble intéressant!
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Bonjour, Je trouve ce projet de mcn21 intéressant et aimerais être tenu au courant de votre tournée, j'habite l'Islet et suis très concerné par vos préoccupations. Merci
Jean Pierre Ethier , avril 11, 2009
MCN 21, Dépasser le pétrole
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Heureuse, qu'il se passe une réflexion profonde qui amène des projets concrets. Dépasser un passé gluant de pétrole, créer de l'emploi durable et un avenir vert au Québec. Devenir des leaders!!! Wow, renverser la balance...ça donne réellement envie de lire le rapport (livre) MCN21 et de participer à ce projet. Espoir.
Marie-Ève , avril 11, 2009
Un grand pas dans la bonne direction!
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Enfin, un projet avec une vision d'avenir responsable. Chapeau!
Sébastien , avril 11, 2009

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