Le Sheraton veut empêcher la diffusion d'une vidéo secrète détenue par le syndicat PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Enjeux
Écrit par Vincent Larouche   
Mercredi, 18 février 2009 16:23
Mise à jour le Lundi, 16 mars 2009 19:54

Alors que les employés du Sheraton Four Points entreront bientôt dans leur sixième mois de grève, la direction de l'hôtel se présentera en cour le 2 mars pour tenter d'empêcher la divulgation d'une vidéo tournée incognito par un détective privé qui croit avoir piégé une bonne dizaine de briseurs de grève à l'intérieur de l'établissement.

Le détective engagé par le syndicat s'était introduit dans l'hôtel, y louant une chambre comme simple client cet automne, avant de parcourir les couloirs discrètement muni d'une caméra vidéo. Ses images, dans lesquelles ont voit plusieurs travailleurs qui semblent faire le ménage et l'entretien à la place des grévistes, doivent normalement être présentées devant la Commission des relations de travail le 9 mars prochain. Le commissaire au dossier a d'ailleurs accepté qu'elles soient déposées en preuve afin de déterminer si le Four Points utilise des scabs.

Mais la partie patronale se présentera entre-temps devant la Cour supérieure du Québec pour tenter de faire suspendre l'enquête de la Commission, le temps qu'un juge détermine si la vidéo potentiellement incriminante est bien légale et admissible en preuve.

 
Johanne Robillard et Denis Laneuville font face à des scabs. Photo Martin Bouffard

«Dans les images de l'investigateur privé, on a vu une dizaine de personnes qui travaillaient, et ce ne sont pas des cadres. L'employeur prétend que c'est une preuve illégale et que ça viole le droit à la vie privée, mais, pourtant, les filatures, c'est rendu presque courant en droit du travail. L'employeur y a déjà eu recours dans un dossier contre un salarié», explique Me Yvan Malo, avocat au dossier pour la CSN.

Firme privée

D'ailleurs, les 88 grévistes, eux, sont habitués de faire face à des gardiens de sécurité d'une firme privée qui ne se gênent pas pour les filmer et les photographier lorsqu'ils font du piquetage devant l'établissement. «Pourquoi eux auraient le droit de nous filmer alors que nous n'aurions pas le droit de filmer pour vérifier s'il y a des scabs?» s'interroge le vice-président du syndicat, Denis Laneuville.

«Le jour de notre investigation, il y avait 160 chambres louées. C'est dur de croire qu'ils pourraient faire rouler l'hôtel comme ça avec 14 cadres seulement», ajoute Me Malo.

«Notre monde était rouge vin lorsqu'il a su que des scabs travaillaient à sa place pendant la grève», affirme Johanne Robillard, secrétaire-trésorière du syndicat.

En grève depuis le 25 août, les travailleurs de l'hôtel Sheraton Four Points réclament notamment un allègement de la charge de travail pour les femmes de chambre et des mesures de conciliation travail-famille, ainsi qu'un régime d'avantages sociaux similaire à ceux des autres hôtels syndiqués de même taille.

Il a été impossible d'obtenir les commentaires de Richard Perreault, directeur général de l'hôtel.

Commentaires (3)

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Gagnez cette cause!
0
Je crois que cette bataille de la CSN et des travailleurs du Four Points réside dans ce gain que vous devez faire concernant les scabs. La loi au Québec est clair, malheureusement il est encore difficile de prouver la présence de briseurs de grève dans nos lieux de travail pendant un conflit. Tous les moyens sont bons pour parvenir à démasquer les agissements illégaux des employeurs. Ne lâchez pas!
Diane Laplante , mars 31, 2009
et au JDM ???
0
Croyez-vous aussi que ce ne sont que les cadres du JDM qui font le journal chaque jour... ???????
caligula , février 19, 2009
l'abus de l'utilisation des briseurs de grêve
0
L'utilisation de scab est de plus en plus utilisé malgré l'article 109.1 du code du travail l'interdissant, il devrait être permis par quelque soit le moyen de pouvoir prouvé cette abus des employeurs. Les amendes ne sont pas assez sévère et aussi les enquêtes sont trop prises à la légère par le gouvernement.
ON a une loi et on l'applique ou sinon on ne emt pas de loi.
stef , février 19, 2009

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