| Une session avec un air de déjà-vu… |
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| Nouvelles générales - Vu de la Colline | |||||||||||
| Écrit par Yves Chartrand | |||||||||||
| Dimanche, 07 février 2010 13:56 | |||||||||||
| Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 13:15 | |||||||||||
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QUÉBEC – Faut-il s’en surprendre ? La session parlementaire qui débutera mardi à Québec risque de ressembler beaucoup à celle de l’automne dernier, où les mœurs politiques du gouvernement de Jean Charest et son comportement éthique prendront le haut du pavé, sinon toute la place.
Comptez sur le Parti québécois et l’Action démocratique pour déchirer de nouveau leur chemise à l’Assemblée nationale devant un gouvernement libéral qui n’arrête plus de tirer sur l’élastique de la probité. Il faut dire que la question de la corruption dans la construction et celle qui lui est étroitement associée, le financement des partis politiques, n’ont pas été vidées. Loin de là. En prime, durant le dernier mois, de nouveaux événements sont venus compliquer le casse-tête libéral et armer davantage l’opposition. On parle ici, bien sûr, de l’affaire Jean D’Amour et du cas de David Whissell. La chef du Parti québécois va donc reprendre là où elle avait laissé les affaires le 3 décembre à l’ajournement des travaux parlementaires : en réclamant de nouveau une enquête publique sur la corruption dans le domaine de la construction et en déposant une très décevante pétition de 40 000 noms de citoyens.
Au terme de son caucus de deux jours à Orford il y a deux semaines, Pauline Marois a d’ailleurs clairement indiqué son intention de continuer de mordre le mollet des libéraux sur ce qui a été si juteux depuis un an. Le nouveau boulet D’Amour L’affaire du député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, a tout pour relancer les hostilités parlementaires. Voilà un ami de Jean Charest qui vient de reconnaître avoir enfreint la Loi sur le lobbyisme et qui plaide coupable avant même que des accusations ne soient déposées contre lui. Le principal intéressé a déclaré cette semaine ne pas vouloir passer « un mois, un an » à s’expliquer. On le comprend facilement, Jean Charest n’a pas voulu traîner ce boulet gênant trop longtemps. Mais mettre le couvercle sur cette marmite odorante ne sera pas si aisé. L’opposition ne manquera pas de soutenir qu’encore une fois, le Parti libéral du Québec tente de cacher des choses. Dans la même veine que son refus de tenir une enquête publique sur la corruption dans le domaine de la construction.
Vous vous souvenez du plaidoyer de culpabilité de Vincent Lacroix en septembre dernier ? Tout comme Jean D’Amour, l’ancien dirigeant de Norbourg a voulu éviter un procès qui aurait permis aux procureurs de la Couronne d’étaler publiquement comment il s’y est pris pour flouer de 115 millions de dollars 9 200 petits investisseurs. L’affaire a été rapidement classée, au grand dam des Québécois qui exigeaient beaucoup plus de lumière sur cette fraude. Ceux-ci ne voulaient pas seulement une condamnation de Lacroix, mais aussi et surtout une compréhension complète de l’histoire. C’est un peu le même sentiment de frustration qui anime les électeurs en ce qui concerne Jean D’Amour, frustration que ne manquera pas d’exacerber l’opposition. Un procès à recommencer Parlant du scandale Norbourg, péquistes et adéquistes ne se gêneront pas pour remettre sous les feux de la rampe l’avortement du procès des quatre collaborateurs de Vincent Lacroix. La chef péquiste prétend que la cause de ce « véritable cafouillage » est le laxisme de la ministre de la Justice Kathleen Weil – et de son prédécesseur Jacques Dupuis – qui a laissé le directeur des poursuites pénales et criminelles, Denis Dionne, s’enfoncer dans une voie impraticable en demandant à un jury formé de simples citoyens de trancher dans une cause extrêmement complexe.
Les 12 membres ont déclaré forfait il y a deux semaines et se sont dits incapables de s’entendre sur un verdict portant sur plus de 700 chefs d’accusation. Au Parti québécois et à l’Action démocratique, on estime que cette boulette a contribué puissamment à accentuer davantage la crise de confiance actuelle des Québécois envers leurs institutions et la politique en général. Comme amuse-gueule, le cas du député David Whissell, d’Argenteuil, fera aussi certainement des gorges chaudes dans le salon de la race. En voilà un autre qui jette de l’ombre sur son parti, au point où Jean Charest a préféré ne pas le voir en chambre pour les prochaines semaines. Maintenant que M. Whissell a indiqué clairement qu’il veut reprendre sa place dans son entreprise d’asphaltage ABC Rive-Nord, on se demande comment il pourra justifier trois autres années de représentation électorale. D’aucuns ne croient que ces vacances de deux semaines de M. Whissell à la reprise des travaux parlementaires soient le fruit du hasard. Une rumeur persiste à l’Assemblée nationale affirmant que l’ex-ministre du Travail n’y remettra plus les pieds et qu’il annoncera sa démission incessamment. Pariez que beaucoup de libéraux le souhaitent aussi ardemment… Un budget controversé Sur ce parfum de scandales à répétition et de crise de confiance généralisée, le gouvernement de Jean Charest devra faire adopter un budget pour le moins difficile et controversé. Pour réussir à retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire avant la fin de leur mandat, les libéraux n’auront d’autre choix que d’augmenter les revenus de l'État. Une opération pour le moins délicate...
Le deuxième tome du rapport Montmarquette/Gagné a tracé la voie au gouvernement : augmenter les taxes à la consommation et les tarifs des services publics avant de songer à hausser les impôts. Déjà l’an dernier, l’ancienne ministre Monique Jérôme-Forget avait annoncé que son gouvernement augmentera la taxe de vente de 1 % à compter du 1er janvier 2011. Encore une fois, les libéraux ne l’auront pas facile et devront se défendre de ne pas favoriser les entreprises. Déjà cette semaine, le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a tracé une ligne de pensée qui pourrait être celle de l’ensemble de l’opposition. « Il faut faire payer les riches », a-t-il déclaré en conférence de presse. Selon Khadir, les cinq milliards de dollars manquants peuvent être récupérés en abolissant les avantages consentis aux compagnies, à commencer par la perception des redevances sur nos ressources naturelles, notamment dans le secteur minier. Charest bien en selle Bref, Jean Charest, même avec les deux mains sur le volant, devra déployer tous ses talents d’esquiveur politique, talents naturels chez lui dont on n’a pas encore vu le fond. Malgré la dernière année extrêmement pénible, l’avocat de Sherbrooke a toujours la confiance entière et le plein contrôle de son caucus qui lui voue une admiration presque aveugle et une fidélité à toute épreuve. C’est tout ce qu’il demande…
À l’opposé, Pauline Marois n’a pas la même liberté. Outre le fait que le caucus péquiste n’a jamais été et ne sera jamais un simple fan club, la châtelaine n’a pas l’instinct du tueur qu’il faudrait peut-être pour terrasser Jean Charest. Dans la dernière année, elle a perdu des joueurs importants, François Legault et Camil Bouchard, ce qui en dit long sur l’impatience de ses troupes. La pétition manquée concernant l’enquête publique sur la corruption démontre qu’elle a quelquefois de la difficulté à attacher tous les fils pour réussir un coup fumant. Quant à l’ADQ, on ne s’attend pas à grand-chose de sa part. Après l’épisode de l’ineffable Gilles Taillon et le départ égo-théâtral d’Éric Caire, on regardera aller le très prévisible Gérard Deltell, qui tente d’afficher l’air d’un chef de droite avec des déclarations plus ou moins habiles. Pour tout vous dire, les journalistes s’ennuient terriblement de Mario Dumont, qui leur valait plusieurs bons textes durant une session…
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Commentaires (2)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Ça va changer quoi ?
Que ce soit les libéraux, les péquistes, adéquistes ou tout autre parti, ils ont tous de bonnes intentions tant qu'ils ne sont pas au pouvoir... Quand ils sont rendus là, c'est toujours la même chose... Regardez les discours quand un parti prend le pouvoir, c'est toujours pareil. Ils mettent la faute des problèmes du Québec sur le parti sortant. C'est jamais de la faute à aucun politicien qui en passant, travaillent, pour la plupart, à l'assemblé nationale depuis plus de 20 ans. Pendant ce temps-là, nos services diminuent, la pauvreté augmente et nos comptes de taxes et d'impots augmentent encore plus vite. Je suggère de mettre le gouvernement du Québec en lock-out (C'est le peuple, le patron de ces élus là non ?) Et qu'on envoie des gens qui ont vraiment à coeur le Québec pour aller faire le ménage dans cette compagnie mal gérée, (Et oui, on peut se comparer à une compagnie tout à fait capitaliste comme on les aimes au Québec) On aurait peut-être une chance d'imaginer un infime avenir pour nos générations futures...
Fin de règne
Ça sent la fin de règne chez les Libéraux. Les cas D'Amour et Whissel et l'apparence de corruption dans l'allocation de contrats au ministère des Travaux Publics qui gonfle la facture de 30% ça va être difficile de le balayer sous le tapis.
Ça fait comme une grosse bosse! Malheureusement il reste enore quatre ans à ce gouvernement et une base électorale forte chez les anglos peu sensibles aux problèmes de corruption. On a vu ça aux dernières éelections à Montréal! Ecrivez un commentaire |
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