| Internet et les lunettes roses |
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| Blogues - Jean-François Codère sur le trottoir |
| Mardi, 31 mars 2009 19:00 |
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Depuis que j'ai décidé de prendre la parole dans le débat sur l'avenir des médias traditionnels par rapport à Internet, je sers un peu d'empêcheur de tourner en rond aux gourous que j'ai dénoncés. C'est un rôle qui me convient. Sauf que je sens que certains essaient de me pousser un peu du côté des réactionnaires-vieux-jeu-qui-ne-comprennent-rien-au-progrès, ce qui est quand même un peu drôle.
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Je ne doutais nullement que les journalistes exploitent le Web. Je songeais plutôt à leur rôle dans la société. Voici une partie de ce que m'a inspiré la lecture de Public Media 2.0 ; «La technologie à la base des médias traditionnels qui favorisait une diffusion de masse à sens unique est de plus en plus concurrencée par une technologie qui favorise plutôt un environnement et une diffusion médiatiques en réseau de plusieurs à plusieurs. Les supports, les normes et les pratiques vont forcément s’en trouver profondément transformés. Pour les auteurs de la publication, l’engagement des divers publics qu’ils desservent doit désormais être au coeur du rôle des médias publics américains (PBS, NPR…).» et plus bas : «Certes, nous n’avons pas au Québec une culture d’engagement civique semblable à ce qui existe aux États-Unis. Nous préférons nous en remettre aux médias commerciaux de masse et à leurs clones publics. Pour nos médias, c’est aussi beaucoup plus rassurant de conserver l’illusion de bien nous informer, plutôt que de susciter la participation de leurs publics jusque dans le choix des contenus et du traitement de l’information, surtout que ces publics pourraient bien devenir de plus en plus exigeants.» Est-ce qu'une avenue d'engagement civique des journalistes est possible et souhaitable au Québec? http://blogueurcitoyen.com/?p=1721
Le métier
Soyez rassuré, M.Monette, les journalistes ne regardent pas le train passer. Au contraire, ils sont en train de l'étudier, de le démonter, de le remonter et de l'analyser sous toutes ses coutures.
Les journalistes vivent de la cueillette d'informations. Les meilleurs vont toujours vouloir aller la chercher là où elle se trouve, que ce soit sur Facebook, Twitter ou XYZ.com. Je ne devrais peut-être pas exposer le secret, mais Facebook et Skyblog ont été des bénédictions pour les journalistes de faits divers qui sont toujours à la recherche de photos de victimes... Les journalistes sont aussi très conscients que la livraison des informations qu'ils cueillent se transforme. Pour la grande majorité d'entre eux, ce n'est pas une tare que de livrer du matériel pour un site Internet. C'est plus de travail et ça sort de la routine, certes, mais c'est excitant. au-delà de la techno
Je me disais justement hier que l'étude du CEFRIO ne nous apprend pas grand chose. Je ne sais pas ce que sera l'avenir du support papier dans le contexte technologique qui se dessine. Nous n'avons rien vu encore. Les nouveaux supports qui vont sortir d'ici quelques années avec la venue à maturité de l'encre électronique vont peut-être donner un second souffle aux entreprises de presse. Qui sait? De toute façon, le véritable débat ne devrait pas porter sur les supports, mais plutôt sur la nature même du métier de journaliste. À ce propos, Public Media 2.0: Dynamic, Engaged Publics offre matière à réflexion. Est-ce que vous entrevoyez une transformation importante de votre travail dans les années à venir ou si vous croyez plutôt que l'essentiel de votre pratique professionnelle va demeurer la même? Voilà bien le genre de question sur laquelle il faut vous attarder. Les supports vont bien sûr jouer un rôle non négligeable dans l'évolution du journalisme, mais ma crainte est beaucoup plus que vous (votre profession) vous contentiez de regarder passer le train. Je ne crois pas que nous y gagnerions au change. http://blogueurcitoyen.com
M. Fraser, les créateurs de contenu sont plus nombreux qu'on le pense
Le 0,1% des générateurs de contenu date de très longtemps en terme Web. Le livre de Bill Tancer est sortit à l'été 2008, - et même alors -, les études de Forester (qui ont un très bon échantillonage et qui ne nombrilise pas uniquement les États-Unis) ont des chiffres radicalement différents. De 11% en Allemagne, de 13% au Canada jusqu'à 51% en Corée du sud.
http://www.forrester.com/Groundswell/profile_tool.html Questionner les chiffres
Source peu fiable j'en conviens, vous me corrigerez s'il y a des différences majeures :
320 658 de tirage du Journal de Montréal le samedi (Wikipédia). La Presse environ 280 000. Le Devoir : 46 000. Total : Environ 646 000 exemplaires. Population du Québec : environ 7 600 000. Presse écrite : 8,5% (au Québec) Twitter : 7% (aux États-Unis) Signalez toute erreur de calcul, mais l'approximation vaut quand même la peine de se poser la question, non? Cas vécu... et empêcheur de tourner en rond
D'abord, vous dire M. Codère que je fais partie de ceux qui vivent du Web. Après avoir passé 22 ans dans le réseau scolaire.
Mais j'apprécie beaucoup le fait que vous ayez décidé de jouer les «empêcheurs de tourner en rond». L'échange de points de vue divergents me paraît bénéfique... et nécessaire. Je voulais contribuer à cette discussion par une anecdote vécue jeudi dernier, même si j'aurais beaucoup à dire sur le fond. Je ne vous perçois pas comme un réactionnaire, mais je vous trouve bien «optimiste-confiant» avec le modèle d'affaires du journal papier. Je suis dans un Centre de formation professionnelle qui nous a demandé de venir le rencontrer moi et mon collègue. D'entrée de jeu, le d.g. nous explique qu'il met plusieurs K$ dans de la pub au Soleil et (autres journaux, j'imagine). Il nous dit vouloir nous rencontrer parce qu'il a constaté que depuis un an, la situation a beaucoup changé face à ses retours sur investissements. Sa dernière pub de 6 000$ n'a généré qu'un téléphone et il a observé que le monde qu'il veut rejoindre ne doit plus lire les journaux de la même manière qu'avant parce qu'il remplissait une classe avec le même genre d'initiative un an passé. La direction de ce centre F.P. a pris une décision qu'il nous annonce: prendre la moitié du budget de pub journaux (environ 20 000$) et aller sur le Web pour interagir avec les jeunes qu'il veut recruter. Il dit gagner sur deux fronts... 1- Il économise la moitié de ce qu'il investissait et 2- Il implique son monde dans une forme de communication/marketing qui développera le sentiment d'appartenance à son institution pas mal plus qu'avant. Bien sûr, il se dit qu'il remplira plus facilement ses classes et en plus, je lui fais remarquer qu'au niveau des apprentissages, il se donne un outil qui a un gros potentiel. Le client nous a quasiment fait notre «pitch de vente»... J'étais un peu «sur le cul» en sortant avec le mandat d'avoir vécu ça. Je trouvais ces 60 minutes presque surréalistes. Je ne dis pas que ça m'arrive souvent. Je ne fais d'ailleurs pas souvent des «pitchs de vente» puisque les mandats que j'obtiens viennent à la suite du démarchage des clients eux-mêmes. Mais, quand ils me contactent, ils me demandent des arguments... ils ne me font pas une démonstration aussi éloquente à chaque fois. Jeudi dernier, le Soleil de Québec (et all.) a perdu autour de 40K$ de son chiffre d'affaires en pub. Je suis dans le scolaire depuis que j'ai 21 ans et je peux vous dire que des $$$ en pub journaux, j'en ai vu passer en s'il-vous-plaît! À la suite de cette anecdote, j'ai écrit ce billet «Comment va-t-on financer la profession de journaliste?» http://carnets.opossum.ca/mari...ignon.html . Je n'ai pas raconté cette anecdote dans mon billet, car je trouvais que l'entrevue de Jeff Mignon parlait plus fort. D'ailleurs, vous étiez membre du panel qui a suivi l'émission de radio dont il était question dans mon billet. Vous avez raison d'être très critique envers les gourous du Web. Mais Internet, par rapport à l'avenir des médias traditionnels, fait davantage partie des solutions que des problèmes, à mon avis! Éternel roue qui tourne
Je comprends bien les deux points de vus. La crainte de bouger puisqu'on ne retrouve pas encore une forte majorité et les grandes possibilités que Internet nous offre.
Il est certain qu'une forte majorité de la population n'utilise pas encore les outils tel que le blogue ou Twitter, cependant si les médias de diffusions ne pousse pas de l'avant ces nouvelles technologies, personne ne verra le besoin de les utiliser... la roue éternelle. Le but est de prendre avantage des outils Internet et de proposer à sa clientèle de l'utiliser. De plus en plus de gens l'utiliseront et éventuellement la population se rendra compte qu'Internet permet une plus grande interractivité. Plus besoin d'attendre le journal du matin, plus besoin d'attendre la 17e minute de l'heure pour avoir des nouvelles de sports, on n'a qu'à s'abonner à un flux RSS, un compte Twitter et vlan les informations sont diffusées dans notre poche, dans notre ordinateur à la minute qu'ils sortent. Le but est donc d'être avant-gardiste. Certes certains mouvement ne fonctionnera pas à l'instant ou jamais, cependant s'ils fonctionnent, dans quelques années vous pourrez dire que vous étiez parmis ces pionniers et que vous avez contribuez à l'évolution des médias au Québec. Si tout le monde est journaliste, alors, personne n’est journaliste
Bill Tancer, analyste et statisticien pour Hitwise, dans son livre «Click», a fait ressortir la distribution suivante:
* 90 % de ceux qui visitent un blog ou un site participatif ne participent pas. * 9 % contribuent de temps à autre par des commentaires. * 0,9 % sont des contributeurs actifs. * 0,1 % sont des générateurs de contenu. Il est donc ironique de penser que les blogs (information générée et créée par le citoyen par le truchement d’un média social et participatif) dépeints dans la presse comme une force démocratique qui donne la possibilité aux citoyens de participer au débat plutôt que de se faire dire quelque chose par les journaux, soit limitée à une si faible portion d’internautes, soit 0,1%. http://www.axonpost.com/?p=647 Jeff, Jeff, Jeff
Jeff, je te pardonne et je vais t’expliquer. Ce qui fait qu’un site de nouvelles fait de l’argent c’est entre autre son achalandage et celui-ci vient entre autre de Google et Google t’envoie encore plus de monde s’il y a déjà beaucoup de monde qui hyperlient vers toi. C’est un des principes de base de ce que l’on nomme le référencement naturel. La loi du Web ce sont les hyperliens. Pour ce qui est de Twitter, je vais encore te l’expliquer. Twitter rejoint un petit group d’individu et il n’est pas encore mainstream. Mais ses utilisateurs sont le 2e groupe le plus influent du web c’est à dire les supers geeks et les supers blogueurs qui y vont pour s’inspirer pour leur billet qui seront ensuite mis en ligne avec des fameux hyperliens qui redirigeront d’autres internautes vers le contenu du journal en ligne. Finalement, oui il y a des gens qui ne vont pas en ligne, oui il y a des illétrés et c’est pour Ça que c’est bien qu’il y a beaucoup de photos dans ton journal. Ça les aide au resto de faire semblant qu’ils savent lire… Mais que tu le veuilles ou non, dans Newspaper il y a news et paper. Ceux qui insistent pour les news auront un avenir radieux et ceux qui s’accrochent à Paper, leur avenir sera peut-être moins jojo….
J'T'adore, toi!
Enfin!
Au congrès de la FPJQ, je suis sortie complètement démolie, me demandant si j'aurais un job, dans un an. Le sombre avenir annoncé par le départ vers Internet de journaux centenaires, aux États-Unis, n'a certainement pas aidé le moral. Et quand on essaie d'en parler objectivement, de soulever les points en faveur du papier, on se fait rabrouer comme étant archaïque. Je suis très "gadget", j'ai la passion de l'information et je vois bien les possibilités qu'offre le web. Seulement, je maintiens que le papier est encore à la page (sans jeu de mots), ne serait-ce que pour rappeler aux lecteur qu'ils pourront trouver "Plus de photos sur Internet". Merci de remettre les choses en perspective. Codère et Blanc ont tout deux raison (enfin, je crois...)
Je ne suis pas un spécialiste comme Michelle Blanc et Jean-François Codère mais voici ce que j'en pense (au risque de me "planter"):
Assez étrangement, je crois que les deux ont raison. Après avoir lu le texte "Bloguer pour vendre" de Michel (eh oui, Michel, preuve que cet écrit date un peu), je suis très enthousiaste de l'utilité des blogs en affaire. Mais en même temps, je constate personnellement que la construction d'un blog n'est pas si facile que ça. En essayant de me construire le mien, je ne compte plus le nombre de "Google error" sans explications que j'ai dû subir. Et il me reste maîtriser la question des hyperliens, etc. Pierre Péladeau Sr. avait expliqué que la raison de son succès en affaires tien dans sa formule K.I.S.S. : Keep It Simple Stupid. Il faut garder les choses le plus simple possible. Malheureusement, les blogs, les blackberrys et le reste ne sont pas si faciles à comprendre (je sais, je sais, c'est probablement moi qui est un analphabète des nouvelles technologies, un dinosaure). Et je sais que je ne suis pas le seul dans cette situation. C'est probablement pourquoi il y autant de gens sans cellulaires, lecteur MP3, etc. C'est également pourquoi le journal-papier ne disparaîtra pas, comme les 33 tours vinyles n'ont pas disparu, ce qu'a bien compris des artistes comme Mylène Farmer (Que Dieu veille sur elle !). Ce qui fait que j'ai le plus grand respect pour Michelle Blanc que je vois comme une visionnaire mais qu'en même temps, je ne partage pas cette idée du "tout à l'internet" ou du "hors du Web point de salut". Et ce n'est pas seulement une question de génération. J'ai 32 ans et j'en vois des plus jeunes que moi qui ne sont pas plus à l'aise avec les technologies ou les médias sociaux (eh oui, j'en vois qui ne sont pas comme des "poissons dans l'eau" avec Facebook). Anyway, quand je vais déjeuner au resto du coin, ce que je lis reste un journal papier (mais pas l'actuel Journal de Montréal et son armée de "collaborateurs spéciaux"/scabs ! Jamais !). Je me vois mal ouvrir mon portable pour lire en déjeunant. Je suis tellement mal à l'aise avec ces questions de web et de technologie que je me demande même si mon commentaire est pertinent ou si je me trompe de débat ! Quoiqu'il en soit, pour paraphraser un vulcain, longue vie et prospérité à vous deux. J'ai besoin des deux pour comprendre cette vaste problématique. Charles Tremblay, qui écoute des MP3 et des 33 tours. Ecrivez un commentaire |




























