André Savard défend son bilan avec le Canadien PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Bertrand Raymond sur le trottoir
Jeudi, 14 janvier 2010 13:37

Quand les Penguins de Pittsburgh ont tiré le tapis sous les pieds de Michel Therrien en février dernier, ils ont du même coup provoqué le remplacement d’André Savard, son adjoint derrière le banc.

Savard, qui a été affecté à d’autres tâches, passe la dernière année de son contrat avec l’organisation. Il vit chez lui dans la région de Québec, ce qui lui permet de jeter un coup d’œil sur les meilleurs espoirs du hockey junior. À l’occasion, depuis la passerelle du Centre Bell, il rédige des rapports sur des équipes de la Ligue nationale.

Savard n’a aucune idée de ce que l’avenir lui réserve. Le directeur général des Penguins ne lui a rien promis et Savard ne s’est compromis d’aucune façon avec lui.

« Je suis à l’aise dans mes fonctions actuelles, dit-il. Il n’y a pas de secrets. Pour s’accrocher à la Ligue nationale, il faut travailler. Il faut constamment démontrer qu’on peut apporter quelque chose. Je suis venu près d’obtenir un emploi avec une autre organisation, mais finalement, cela n’a pas fonctionné. Par ailleurs, je me suis toujours comporté en professionnel. Je suis encore au service des Penguins, de sorte que je ne commencerai pas à me vendre sur les galeries de presse. »

Cette dernière remarque lui ressemble. On ne trouvera pas plus honnête que lui dans le hockey. Quand il était directeur général du Canadien, il avait du mal à mentir devant les journalistes. Quand il rougissait à la suite d’une question corsée, on savait tout de suite qu’il était dans ses petits souliers à l’idée de ne pas pouvoir donner l’heure juste.

Pendant que ses yeux sont rivés sur la patinoire du Centre Bell, j’en profite pour lui demander ce qu’il pense de son ancienne équipe. Il sourit, l’air de dire : « Tu ne m’embarqueras pas là-dedans. »

Il faut le comprendre. Le Canadien l’a tassé au profit de Bob Gainey. On lui a même fait jouer une mascarade de mauvais goût quand on a expliqué aux médias qu’il avait lui-même suggéré à ses patrons de le remplacer par Gainey. Voyons donc. Savard avait gravi tous les échelons dans le hockey. Il avait été recruteur, directeur du recrutement, entraîneur, puis entraîneur adjoint à Québec et à Ottawa. Il avait rebâti le service de recrutement du Canadien qui avait établi des records de médiocrité, notamment en première ronde. Après avoir atteint l’objectif ultime de diriger le Canadien, il n’aurait jamais abandonné de lui-même ce fauteuil prestigieux.

Il tenait à Tomas Plekanec

Il y a un seul joueur de l’ère Savard dans la formation actuelle du Canadien. Et un bon. Tomas Plekanec est issu de son tout premier repêchage à titre de successeur de Réjean Houle. Il ne s’en cache pas, il est très fier de cette prise.

« On l’aimait beaucoup, mais à l’occasion de notre dernière réunion avec les recruteurs, Plekanec était placé à un rang où nous ne l’aurions jamais obtenu, explique-t-il. Ça ne veut jamais rien dire quand on déclare, à la suite d’une séance amateur, qu’on était très intéressé à un joueur, mais qu’il nous a échappé. Nous avions donc refait notre liste pour nous assurer de pouvoir le réclamer. Nous l’avions finalement choisi en troisième ronde. »

Il y a d’autres empreintes d’André Savard chez le Canadien. Gainey, qui avait repris sa place dans l’organisation trois semaines avant le repêchage de 2003, ne connaissait pratiquement rien des espoirs disponibles à ce repêchage. Il s’en était donc totalement remis à l’expertise de Savard et à celle de son homme de confiance, Trevor Timmins. Or, cette année-là, l’équipe avait repêché Andrei Kostistyn, Maxim Lapierre, Ryan O’Byrne et Jaroslav Halak.

En 2003, André Savard (à droite) figurait encore au bureau de direction du Canadien aux côtés de Pierre Boivin et de Bob Gainey.

Photo d'archives Reuters

Ces acquisitions étaient en bonne partie les hommes de Timmins, mais Lapierre avait été réclamé grâce au choix de deuxième ronde obtenu par Savard des Flyers dans la transaction pour Éric Chouinard. Il a finalement pris dans la formation la place que Chouinard aurait pu occuper au centre. Finalement, avant son départ du Canadien, Savard a eu le temps de se forger une opinion de Sergei Kostistyn.

« Il constitue tout un choix de septième ronde (200e sélection), dit-il. Certains recruteurs estimaient qu’il ne travaillait pas assez fort, mais il a du talent. » Il défend son bilan à titre de directeur général en précisant, sans doute avec raison, qu’il a occupé ce poste dans une période difficile. Il affirme avoir réussi sa mission malgré les moyens qu’il avait à sa disposition.

« La base des détenteurs d’abonnements de saison n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, rappelle-t-il. La vente était difficile. Même si les médias me recommandaient de m’en remettre à des jeunes, le plan que j’ai concocté nous a permis de tenir le coup. Par respect pour la clientèle de l’équipe, je savais que c’était impossible de procéder à une reconstruction. Je suis donc allé chercher des Joé Juneau, des Stéphane Quintal, des Doug Gilmour et des Yanic Perreault. »

Mais c’était là une opération bouche-trous. On allait au plus pressant en accordant des contrats à des joueurs vieillissants. Bref, du remplissage à court et à moyen terme.

« Je ne suis pas d’accord avec ton expression, me lance-t-il en se cabrant sur sa chaise. C’était beaucoup plus que du remplissage. Je plaçais sur la patinoire des joueurs qui nous accordaient des chances d’entrer dans les séries. On a participé aux séries, on a éliminé les Bruins et l’engouement est reparti. Pendant ce temps, je gagnais du temps en planifiant l’avenir. »

Et si Québec revenait...

Il n’y a rien que Savard ne ferait pas pour retourner dans un rôle comme celui-là. À 56 ans, il écoute tout ce qu’on raconte sur la possibilité du retour d’une formation de la Ligue nationale à Québec en se disant que si cette possibilité se matérialisait, son nom referait probablement surface comme un directeur général potentiel.

Après tout, dans un marché presque totalement francophone, il faudrait se mettre à la recherche de gens de hockey crédibles parlant la bonne langue. Or, Savard est non seulement un citoyen de l’endroit, mais il a été le directeur général du Canadien, l’une des organisations de la ligue les plus difficiles à gérer. Cela serait sans doute d’un certain poids dans la balance. Après tout, peu de francophones ont vécu une expérience comme celle-là.

« Si on en arrive là, des noms vont sortir, mentionne-t-il. Le mien sera peut-être du nombre. Ce serait réaliste, mais il y aurait aussi d’autres noms plausibles. J’ai été DG à Montréal. J’imagine que ce n’est pas un mauvais atout dans un CV. Toutefois, je ne perds pas le sommeil à ce sujet-là. »

Savard sera toujours un Ancien Canadien. Il possède sa carte de membre. On l’a invité à l’occasion du Centenaire, ce qui lui a permis de ressasser de beaux souvenirs.

Dans la glorieuse histoire des 100 ans du Canadien, son nom apparaît en toutes lettres. Il a été l’un des 14 architectes de l’équipe. Ça, on ne pourra jamais le lui enlever.

Quant au retour des Nordiques, il y croit car pour une rare fois, tout le monde, dont le maire et le premier ministre du Québec, s’en va dans la même direction. La confiance des gens est perceptible.

« Cette confiance est évidente dans l’opinion des contribuables. Pareil engouement n’existait pas dans la passé parce qu’on tirait dans toutes les directions. Québec a besoin de ça, mais ce ne sera jamais possible si on n’érige pas d’abord un amphithéâtre», conclut-il.

 

Commentaires (11)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
mr savard
0
je sais que votre sejour a montreal a été de courte dureé mais nous avons vus que vous etiez tres bons comme dg , de tout mon coueur je vous sohaite une autre chance pour que nous regretions de vous avoir forcer la main a quitter montreal , merci encore et a bientot
columbo , février 06, 2010
mr andré savard
0
je sais que vous avez été dg a montréal pour une courte periode mais je sais que vous avez fait du bon bouleau et je vous en remercie , de tout mon coeur je vous souhaite de trouver un autre poste de dg dans la ligue nationale et de demontrer votre talent a trouver les perle rare , bonne chance et merci encore
columbo , février 06, 2010
Gainey...merci et bonsoir
0
Non mais qu'est-ce qu'on attend?
T'as essayé Bob, c'est fini t'as pu le goût c'est évident?
On passe à autres choses.
Jocelyn Turbide , janvier 17, 2010
Bob Gainey adios amigos!
0
le ch ne fait que baisser dans ses performances et en plus on donnerait notre meilleur joueur a Dallas pour un marty turco fini a 5 millions.C`est beau Bob ...fais ce don et remets ta demission.fais nous une derniere faveur dans ton dernier move,apporte ton price avec toi...bye
lager , janvier 17, 2010
nettoyons la 2e étage avant de les perdres au profit d'autres organisation
0
Bob Gainey remplacé par Patrick Roy
Trevor Timmins remplacé par André Savard
coach Martin remplacé par Guy Boucher

pour que le flambeau soit a nouveau porté bien haut

JGL , janvier 15, 2010
...
0
Les imbéciles dans les estrades...

Voilà tout le respect qu'ont certains des gens qui paient le plein prix pour voir jouer un club! Voilà le genre de propos qui permet à la médiocrité de prendre place! Payez pi farmez vot yeule!

La médiocrité elle est beaucoup plus dans les commentaires anonymes de personnages hautains!

Bien entendu, lui peut laisser entendre son mécontentement dans les blogues, mais les spectateurs doivent s'la farmer...

Pathétique!
Daniel , janvier 15, 2010
Merci de faire un article inteligent sans avoir un titre a sensation
0
certain journaliste aurais pu faire un titre a sensation avec un article comme le vôtre : genre adieu mOnde cruel .........

Personellement je trouve que certain media reproche des choses a tord a Bob gainey , parcontre j'etais tres deçue du départ d' André savard , je pense que Pierre Boivin na pas bien Gerer ce dossier .

je suis pas souvent d'accord avec votre confrere Rejean Tremblay , mais ce dernier avais pondue un article intéressant lors du depart d'André Savard , a l'effets que Bob gainey n'etait pas assez rat pour jouer pleinement son role de dg .

Il faut pouvoir tenter de passé des vites au dg adverse si on veut pas trop s'en faire passé .

Je crois aussi que Bob gainey n'est pas un aussi mauvais Dg que ce que certain media rapporte , mais si Pierre Boivin aurais pu forcer les deux Hommes a travailler ensemble le mixte entre les deux hommes aurais été sensationelle .
le calme , linteligence et le respect de Bob Gainey avec le flair et le talent de négociation d'un André Savard aurais permis au Canadien d'avoir un des meilleurs groupe de gestion dans le Hockey .

Et apres son mandat actuel Bob aurais pu être nommé comme vp operation hockey et laissé toute la place a André savard .
Eric Bourdeau , janvier 15, 2010
2 sonnet
0
Wow mechante logique, c'est a cause du monde comme toi que des joueurs comme Roy ont du partir. Laissez le monde en place gerer l'equipe comme ils savent le faire, quand les imbeciles dans les estrades commencent a essayer d'influencer en huant injustement des joueurs ca finit toujours mal.
Mat , janvier 15, 2010
C'est le temps !!!
0
Si André Savard en est à sa dernière année de contrat, j'espère que l'organisation du Canadien lui offrira le poste de Trevor Timmins.

Sérieusement, je crois aussi que plusieurs partisans partagent mon avis, le recrutement amateur du Canadien, pire encore, le développement des jeunes joueurs a pris tout une débarque depuis que Timmins fait cavalier seul.

Quand le Canadien à repêcher Andrei Kostitsyn, un débat faisait rage à la table du Canadien, Savard voulait Jeff Carter, Gainey voulait Kostitsyn. Parlerait-on encore aujourd'hui de problèmes au centre chez le Canadien ?? La réponse est peut-être, car l'organisation n'est même pas foutu de faire développer un prospect adéquatement.

Heureusement, avec l'arrivée d'un homme de hockey moderne qu'est Guy Boucher à Hamilton, il y a une nette amélioration.

Toutefois, avec les succès qu'on connu Washington et Pittsburgh, il faut que l'on réussit à avoir et développer des jeunes par le repéchâge. Ce n'est pas dans les high schools américains que l'on trouvera ces choix-là.

SVP, réparez l'erreur, congédiez au plus vite Timmins et remplaçez le par André Savard.
Gab , janvier 14, 2010
message a Bob Gainey , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Il pourrait revenir pour remplacer Bob...
0
J'étais très déçu quand André Savard a été remplacé par Bob Gainey. Ce gars là savait ce qu'il faisait. Il avait bien amorcé le processus pour remettre le canadien sur la bonne voie après les années désastreuses de Réjean Houle. Le Canadien stagne depuis que Bob est en place. Ce serait bien si Bob pouvait avoir l'idée de génie d'embaucher Savard pour le remplacer, ce retour du balancier serait sa meilleure décision comme DG du Canadien!
Joseph Bleau , janvier 14, 2010

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy