Coca-Cola accusé au Guatemala PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Entreprises
Écrit par RueFrontenac.com   
Lundi, 08 mars 2010 12:48
Mise à jour le Lundi, 08 mars 2010 14:19

Dans sa dernière note, le Groupe Investissement responsable (GIR) relate que neuf Guatémaltèques ont engagé une poursuite aux États-Unis contre Coca-Cola.

L’agence de presse Bloomberg a rapporté que, dans la plainte déposée le 25 février 2010, les plaignants affirment qu’en raison de leurs activités syndicales, ils ont fait l’objet d’une campagne de violence menée par des individus associés à l’Industria de Café SA, ou Incasa, qui exploite une usine d’embouteillage de Coca-Cola au Guatemala.

Les plaignants précisent qu’Incasa « appartient ou a appartenu à Coca-Cola » et qu’elle est « un agent de Coke ».

Ils soutiennent qu’au moment où sont survenus les événements, « Coke savait certainement ou presque certainement qu’elle et ses embouteilleurs faisaient des affaires dans un environnement au Guatemala où leurs travailleurs syndiqués étaient exposés à un risque important d’être torturés ou tués par les groupes responsables de la violence à l’égard des syndicalistes au Guatemala ».

Les plaignants assurent que certains d’entre eux ont été la cible de tireurs, que des membres de leur famille ont été victimes d’agressions au domicile et que des menaces de mort ont été proférées contre leurs proches.

Lors d’une entrevue téléphonique accordée à Bloomberg, Terrence Collingsworth, l’un des avocats des plaignants guatémaltèques, a par ailleurs reproché à Coca-Cola de tenir un double discours.

D’un côté, l’entreprise assure au public et aux investisseurs qu’elle a dit à ses embouteilleurs et fournisseurs qu’ils doivent se conformer aux normes internationales en matière de droits humains ; de l’autre, elle déclare devant les tribunaux qu’elle « n’a rien à voir avec ces embouteilleurs et qu’elle ne peut pas les contrôler ».

Image mise à mal

Quoi qu’il en soit, cette affaire risque encore une fois de ternir l’image et la réputation de Coca-Cola, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’entreprise est plongée dans une controverse concernant la répression de la liberté d’association dans ses usines d’embouteillage.

Coca-Cola a déjà été poursuivie aux États-Unis par des Colombiens, qui l’accusaient d’être complice de crimes commis par des paramilitaires à l’égard de syndicalistes. Le tribunal a finalement rejeté la poursuite contre l’entreprise, mais les dommages infligés à son image ont été particulièrement importants et ont entraîné des campagnes de boycottage de ses produits.

Certaines campagnes en lien avec ces accusations sont d’ailleurs toujours actives aux États-Unis, dont la campagne Killer Coke.

Un documentaire réalisé par deux Montréalais est actuellement projeté partout dans le monde pour dénoncer les agissements de la multinationale en Colombie.

Un pays dangereux pour les syndicalistes

Le GIR note enfin que le Guatemala est, en effet, un pays reconnu pour les violences commises à l’égard des syndicalistes.

Dans son « Rapport annuel des violations des droits syndicaux 2009 », la Confédération syndicale internationale déclarait que « le Guatemala talonne la Colombie comme pays le plus dangereux pour les syndicalistes ».

« Assassinats, actes d’intimidation, harcèlements, fusillades contre des domiciles ou incursions et attaques contre des sièges syndicaux ont eu lieu tout au long de l’année. »

En 2008, au moins neuf syndicalistes ont été assassinés au Guatemala en raison de leurs actions en faveur des droits des travailleurs.

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