| Chiquita et Shell poursuivies en justice |
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| Affaires - Justice |
| Écrit par RueFrontenac.com |
| Lundi, 08 février 2010 12:34 |
| Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 12:38 |
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De nouvelles poursuites sont intentées contre les multinationales Shell et Chiquita. Ces procédures au sujet de leurs activités actuelles ou passées – Shell au Nigeria et Chiquita en Colombie – ont ainsi trouvé un nouveau souffle, d'après la dernière Note aux investisseurs publiée ce lundi par le Groupe Investissement Responsable (GIR). Alors qu’un tribunal des Pays-Bas a accepté d’entendre la cause de Nigérians qui accusent Shell d’avoir pollué leur environnement, de l’autre côté de l’Atlantique, un tribunal des États-Unis a autorisé une poursuite contre Chiquita en lien avec les paiements effectués par l’entreprise à des paramilitaires colombiens. Nul doute, selon le GIR, que ces poursuites feront encore couler beaucoup d’encre dans les mois et les années à venir, probablement au détriment de l’image et de la réputation de ces entreprises, et ce, indépendamment de leur responsabilité dans ces affaires… Missionnaires assassinés en Colombie Ainsi, Chiquita Brands International devra finalement répondre aux accusations portées contre elle par les proches de cinq missionnaires états-uniens, qui ont été enlevés et assassinés par des paramilitaires colombiens dans les années 1990. Le 4 février dernier, le juge fédéral Kenneth Marra a en effet autorisé les familles à poursuivre Chiquita en vertu d’une loi adoptée en 1992 qui permet aux Américains de poursuivre des entreprises états-uniennes pour des assassinats commis à l’étranger par des terroristes. Les plaignants accusent l’entreprise d’avoir aidé à commettre des meurtres et d'avoir fourni des ressources financières et un soutien matériel à des terroristes, a rapporté Erik Larson, de l’agence Bloomberg. Ils soutiennent également que Chiquita a payé les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour qu’elles intimident les syndicats et nuisent à ses concurrents. Il faut rappeler que, bien que Chiquita ait admis avoir financé des groupes paramilitaires colombiens figurant sur la liste des organisations étrangères terroristes établie par Washington à la suite des attentats du 11 septembre 2001, et avoir accepté de payer une amende de 25 millions de dollars américains, l’entreprise a toujours affirmé avoir agi ainsi afin de protéger ses travailleurs. D’après Jane Musgrave, du Palm Beach Post, Chiquita déclare aussi qu’elle n’a pas commandé l’exécution de civils et qu’elle ne peut pas être tenue responsable de ces actes. La décision du juge survient un mois après qu’il eut été annoncé que l’entreprise avait réglé à l’amiable les quatre poursuites engagées par des investisseurs, qui reprochaient aux membres de sa direction d’avoir failli à leur obligation fiduciaire à l’égard des actionnaires et d’avoir dilapidé les ressources de l’entreprise en s’empêtrant dans les paiements aux paramilitaires colombiens. Shell sera jugée aux Pays-Bas Par ailleurs, révèle le GIR, Shell et sa filiale nigériane, Shell Petroleum Development Company, pourront être poursuivies devant un tribunal civil de La Haye, aux Pays-Bas, pour la pollution causée par les fuites d’un oléoduc au Nigeria. Le 30 décembre 2009, le tribunal s’est déclaré compétent pour examiner la responsabilité des entreprises dans cette affaire, au grand dam de Shell, dont le porte-parole André Romeyn avait déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il n’y avait « aucune raison de juger cette affaire aux Pays-Bas », puisque « l'affaire concerne des faits qui se sont produits au Nigeria et une société nigériane. » L’avocat des plaignants a indiqué à l’AFP, en février 2010, que le procès ne s’ouvrira pas avant plusieurs mois. Rappelons que les plaignants, des paysans nigérians et un groupe environnementaliste néerlandais, demandent que Shell soit tenue responsable des fuites de pétrole, qui auraient causé la contamination de terres agricoles, de sources d’eau potable et d’étangs à poissons. Ils réclament des dédommagements, un meilleur entretien des pipelines et le nettoyage des sites contaminés. Pour sa part, Shell maintient qu’elle n’est pas responsable des fuites, qui auraient été causées, non par un manque d’entretien, mais par des actes de sabotage.
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