La STM rejette le projet de Zhuzhou PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Enjeux
Écrit par Michel Van de Walle   
Lundi, 08 février 2010 17:27
Mise à jour le Mardi, 09 février 2010 10:41

La Société de transport de Montréal soutient que la firme Zhuzhou Electric Locomotive Company (ZELC) « ne satisfait pas aux conditions de base » de l’appel d’offres pour le renouvellement des voitures du métro de Montréal.

Selon la STM, la compagnie chinoise ne peut exiger que soient modifiées les infrastructures afin d’accommoder des rames fonctionnant sur rail plutôt que sur pneumatique, comme c’est le cas depuis toujours à Montréal.

« ZELC ne peut exiger que la STM redéfinisse ses besoins et ceux de ses utilisateurs, change le produit qu’elle exploite avec succès depuis 40 ans (...) et qu’elle modifie radicalement ses spécifications techniques », écrit l’avocat Guy Du Pont, du cabinet Davies Ward Phillips & Vineberg, dans une lettre à son homologue Julius Grey, qui représente les intérêts de l’associé des Chinois à Montréal, la firme CPCS Technologies. RueFrontenac.com a obtenu copie de cette missive.

Zhuzhou Electric Locomotive est engagée dans une bataille avec la STM pour décrocher le contrat de remplacement de 765 voitures de métro, qui fait l’objet de négociations avec le consortium Bombardier-Alstom.

Alors que ces discussions étaient dans leur phase finale, la compagnie chinoise a affirmé ne pas avoir été informée que la STM avait lancé un appel d’offres à cet effet. Même si elle dit avoir émis un avis international en mai 2008, la STM en a publié un nouveau le 22 janvier dernier à la suite de la sortie publique de Zhuzhou.

La compagnie chinoise, par l’entremise de son associé montréalais, Glen Fisher, soutient qu’elle pourrait fournir des voitures de métro pour environ la moitié du prix demandé par Bombardier-Alstom. Cependant, ZELC fabriquerait des voitures roulant sur rail et non sur des pneus.

ZELC a d’ailleurs indiqué qu’une entente de principe avait été conclue avec les propriétaires de l’ancienne usine de la Dominion Bridge à Lachine, pour éventuellement y faire l’assemblage des voitures pour le métro. Elle soutient qu’elle créerait de 750 à 1 000 nouveaux emplois.

Selon Glen Fisher, ZELC respecterait le contenu canadien de 60 % exigé dans l’appel d’offres de la STM. « La main-d’œuvre est beaucoup plus chère ici qu’en Chine », a-t-il expliqué lors d’un entretien téléphonique avec RueFrontenac.com. Il estime qu’en faisant l’assemblage des voitures ici et en faisant affaire avec des sous-traitants locaux, qu’il n’a pas encore identifiés, la société chinoise pourrait atteindre le seuil de 60 % de contenu local.

Dans la lettre à Me Grey, datée du vendredi 5 février, l’avocat de la STM rappelle que « de son propre aveu, ZELC n’a pas l’intention de fournir à la STM l’équipement demandé, soit des voitures de métro sur pneumatiques ».

« ZELC ne peut exiger que la STM (...) adapte ses infrastructures, le tout afin d’accommoder une personne qui a, à plusieurs reprises, déclaré ne pas avoir l’intention de fournir le produit requis, non plus que de se soumettre au processus imposé par la loi et aux exigences définies par la STM à qui seule revient le soin de définir ses besoins dans un domaine où son expertise est universellement reconnue », écrit encore Me Du Pont.

ZELC a demandé à examiner les voies actuelles du métro de Montréal, à ses frais. La STM a refusé l’accès à ses représentants.

Si ce refus persiste, ZELC a l’intention de porter encore une fois l’affaire devant les tribunaux, a dit M. Fisher.

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